La bataille d'experts continue autour des dessins de Van Gogh. Faux ou pas ? En attendant de savoir voici les règles incontournables pour faire passer un faux pour un vrai.

Capture d'image d'un reportage d'Entrée Libre diffusée sur France 5 le 1er mars 2016
Capture d'image d'un reportage d'Entrée Libre diffusée sur France 5 le 1er mars 2016 © France 5

Les dessins de Van Gogh ont été publiés le 17 novembre. Hier le musée Van Gogh d'Amsterdam a adressé à la presse la photo d'une page du petit carnet du "café de la gare" d'Arles, qui accompagnait les dessins de Van Gogh et qui n'a pas été publiée par les Editions du Seuil. Pour le musée c'est une preuve de plus que ce carnet très important pour l’authentification des dessins, n'est pas fiable.

Les experts considèrent que sur le marché des œuvres ou objets d'art circulent 10% de faux, autant que sur les marchés du luxe. Mais le célèbre faussaire Guy Ribes, artiste lui-même, ne démentirait pas ceci : Il y a un art du faux. Il faut y rajouter un art de "ne pas se faire prendre". Voici les 4 règles incontournables du genre.

►Ne rien copier, inventer

La règle absolue est de ne jamais copier un tableau déjà existant. C'est la gravissime erreur que les faussaires aguerris se gardent bien de commettre. Ils préfèrent peindre une oeuvre disparue, celle que tous les spécialistes cherchent ou pensent perdue à jamais. Comme personne ne l'a vue, personne ne pourra lui trouver de différence avec l'original. Il faut s'appuyer sur des documents, lettres, esquisses, qui attestent de son existence etc...

►Faire un faux, avec les techniques, outils et matériaux de l'époque

Cette technique est démontrée par le Musée de la Contrefaçon à Paris. Pour refaire les dessins d'un artiste russe du début du XXe siècle, Ivan Klioune, les faussaires ont découpé des feuilles de manières aléatoires et teint le papier avec du thé pour qu’il ait l’air vieux. Ils ont mis les premières expertises en échec, en utilisant des pigments de 1920, comme l'artiste l'aurait fait lui-même. Pour ne pas se faire prendre, ils auraient dû également utiliser une mine à dessiner de la même époque, et non pas une mine critérium postérieure à l'oeuvre.

Faux dessin d’Iva n Klioune : les formes géométriques étaient trop similaires d’une aquarelle à l’autre, et fabriquées avec un gabarit qui n’est apparu qu’après 1950
Faux dessin d’Iva n Klioune : les formes géométriques étaient trop similaires d’une aquarelle à l’autre, et fabriquées avec un gabarit qui n’est apparu qu’après 1950 © Gilles Perrault / musée de la contrefaçon

►Piéger les sources

Quand un expert veut authentifier une oeuvre, il cherche des preuves. Lettres, factures, recension dans la presse, etc... Le mieux c'est donc de fabriquer soi-même ces documents qui serviront à prouver que l'oeuvre existe bien, et surtout d'aller glisser ces fausses preuves au milieu de vraies archives, dans des lieux qui font référence.

Exemple : Aller glisser une fausse lettre parlant d'une oeuvre dans un fonds d'archives habituellement consulté par les chercheurs.

►Obtenir la bénédiction des experts et autorités

Là il s'agit au contraire de se servir de documents anciens et authentiques. Les catalogues de ventes aux enchères regorgent de références à de vieux objets, plus ou moins rares, et plus ou moins à la mode aujourd'hui. Récupérez des objets ou fabriquez des objets et/ou œuvres concordant avec les références et particularités signalées dans un catalogue. Lorsque l'expert ira s'y référer pour authentifier l'objet qui lui est présenté, il tombera forcément sur cette preuve irréfutable.

Enfin, en guise de conclusion, l'art du faux réclame érudition, finesse, sophistication, goût pour le mensonge et la dissimulation. Et c'est tout à fait illégal bien sûr. Le célèbre et génial faussaire allemand, Wolfgang Beltracchi a été condamné à six ans de prison en 2011 à Cologne. Il avait inondé le marché d’œuvres de grands maîtres. Même lui s'est fait prendre.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.