Surfant sur le phénomène escape game mixé au théâtre immersif et sur le succès mondial de la série d'espionnage française, une salle de "deep game" a ouvert à Paris autour de l'univers du "Bureau des légendes". Nous l'avons testée.

Le deep game reproduit les bureaux du boulevard Mortier, les ordinateurs sécurisés, les dossiers cachés.
Le deep game reproduit les bureaux du boulevard Mortier, les ordinateurs sécurisés, les dossiers cachés. © The Oligarch

Les derniers épisodes ne sont pas encore tout à fait prêts. Si le Bureau des légendes saison 5 (avec Louis Garrel et Jacques Audiard à la réalisation de deux épisodes), n'arrivera sur nos écrans que dans le courant du mois d'avril, voici, pour les inconditionnels, de quoi patienter. 

Après une exposition à la Cité des sciences de Paris, la production de la série (The Oligarchs), main dans la main avec une société de conception normande, se lance dans l'aventure de l'escape game autour de l'univers du Bureau des légendes. Escape, ou plutôt du "deep game", pour "une expérience immersive inédite" au sein de "l’élite des agents des renseignements français". 

Comme l'assurent les créateurs du jeu, on s'éloigne d'un escape game "classique". En effet, la salle "Sous légende", ouverte depuis début mars à Paris, a tout l'air d'un escape game géant, puissance 2 voire 4, d'un escape amélioré, selon le terme que vous préférerez. Bien plus d'espace et de salles que dans un jeu classique, on y passe aussi plus de temps (entre 1h30 et 2h). S'ajoutent aussi au concept de base la partie "théâtre immersif", incarnée par plusieurs comédiens tout au long du parcours. 

Pseudos, missions et salle de crise

L'accueil nous plonge directement dans le bain. Comme dans la série, on ne soupçonne pas qu'une planque de la DGSE se cache au coin d'une rue du VIe arrondissement de la capitale. Comme dans la série, on nous attribue un pseudo, une identité, qui nous fera (presque) oublier notre vrai prénom : il y aura Phénomène, Ectoplasme ou bien Mérinos dans l'équipe. Comme dans la série, nous devons "faire passer l'intérêt de la France avant votre propre vie". 

Une fois briefés par un certain "Tonton" un peu pressé, c'est parti : les bureaux du boulevard Mortier, les ordinateurs sécurisés, les dossiers cachés. L'intention y est, on veut nous imprégner de l'ambiance. Logarithme, "le sous-directeur" est notre guide et veut nous impressionner. 

Il faudra ouvrir la salle de crise (celle avec la grande table, la même, d'ailleurs, qu'à la télé), accéder aussi au labo technique, celui de Sylvain, le geek du bureau. Le fil de l'histoire se dessine peu à peu et s'inspire, sans complexe, des contours de la quatrième saison. On croisera même Mathieu Kassovitz, l'inteprète de Guillaume Debailly dit "Malotru" depuis le début de la série, dans un message vidéo. 

Un final stimulant 

Au-delà, difficile de vous en dire plus sur l'intrigue ; ce serait vous spoiler. Néanmoins, on ne peut cacher notre déception sur la première partie du jeu. Cette première grosse demie-heure de l'expérience nous a laissé perplexe : pas assez imprégnés de l'ambiance, pas assez impliqués dans notre mission ? Trop "drivés" par notre chef, trop aidés par notre supérieur ? Reste qu'on s'est un peu demandé où on allait et ce qu'on attendait de nous. Heureusement, le rythme et la pression s'intensifient au bout d'un moment et nous offrent un final plus stimulant, stressant et donc amusant.   

Une fois de retour dans le monde réel, d'autres regrets subsistent. Si les efforts accomplis pour nous immerger dans l'univers des agents français "sous légende" sont conséquents, reconnaissons-le ; si l'équipe de conception du jeu a mis en valeur des éléments de décor et fait apparaître des comédiens de la série au fil de la partie (Mathieu Kassovitz, Jules Sagot), l'immersion n'est pas totale et les fans perfectionnistes et absolus de la série risquent, comme nous, d'emprunter le sentier de la déception. 

Peut-être une histoire de rodage, de réglages, de finitions... Mais après tout, le diable est dans les détails. Attachés à la qualité de la série, c'est peut-être l'acharnée minutie du Bureau des légendes (série) que nous aurions aimé retrouver pleinement ici.

Il y a aussi - et on y tient - une histoire de prix. Si l'on se doute bien que cette nouvelle forme de jeu est plus gourmandes en ressources qu'un escape game classique (300 mètres carrés de surface, la présence de trois comédiens au total), les joueurs doivent tout de même débourser entre 49 et 69 euros chacun

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