Le nouveau film de Quentin Tarantino, "Once Upon a Time... in Hollywood", été projeté hier soir à Cannes, après une montée des marches des grands jours, puisque c'était sans doute le film le plus attendu de la sélection 2019. Le cinéaste, sourcilleux, a d'ailleurs demandé au public de garder le secret sur la fin.

Brad Pitt, Leonardo Di Caprio et Quentin Tarantino, lors de la présentation à Cannes du film du réalisateur "Once upon a time in Hollywood" le 21 mai 2019
Brad Pitt, Leonardo Di Caprio et Quentin Tarantino, lors de la présentation à Cannes du film du réalisateur "Once upon a time in Hollywood" le 21 mai 2019 © Getty / David M. Benett

Quentin Tarantino, qui a passé 5 ans sur One Upon A Time... In Hollywood a terminé in extremis son long-métrage pour être présent en compétition pour la sélection officielle de Cannes 2019. Et l'effet a été réussi ! Le casting de ce film événement a provoqué une montée des marches de légende : deux beaux gosses du cinéma américain, Brad Pitt et Leonardo Di Caprio, entourant Quentin Tarantino, qui a tout de même, avant la projection, fait demander au public de ne pas gâcher son film, en dévoilant la fin. 

Le secret a donc été partagé, ce mardi soir, par quelques milliers de personnes : des spectateurs privilégiés qui devront tenir leur langue au moins jusqu'à la sortie du film - en principe le 14 août en France, et en juillet aux États-Unis.

Eva Bettan était dans la salle, et elle tiendra parole... Ne serait-ce que pour ne pas se mettre à dos les auditeurs de France Inter qui seraient fans de Tarantino.

Pour tous les films, dévoiler la fin est une mauvaise action, mais pour celui- ci, c’est vital : il y a ici une fin qui saisit (annonçons la couleur tout de suite), et, pas seulement parce que Tarantino l’a demandé, on ne gâchera pas le plaisir du spectateur.

Tarantino aime toutes les cultures sans hiérarchie, le cinéma et le cinoche, les images, toutes les images, même celles des séries télévisées  des années 60. Comme la série Chasseur de primes qu’il imagine ici (le titre dit tout), et dont Di Caprio est la vedette au rabais, Brad Pitt étant son cascadeur attitré, et son factotum. Les deux acteurs s’en donnant à cœur joie, on a entendu le public élégant de Cannes, par moments, applaudir à une scène, juste parce qu’elle est jouissive : Tarantino sait faire. Pour autant, n’attendez pas le grand film sur ces années-là.

Once Upon A Time... In Hollywood tend vers un but, et pas des moindres : Tarantino, habile, sème des indices, puis nous les fait oublier pour que nous soyons saisi, le moment venu. En ce sens, le réalisateur reprend le schéma de Titanic : on sait que le bateau va sombrer, mais on  l’oublie.

Quentin Tarantino, définitivement, vit dans un monde parallèle, et croit que le cinéma peut corriger la vie. Cela pourrait être d’une arrogance ou d’une naïveté folle, mais sa croyance dans le cinéma nous désarme… et nous réconforte.

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