Pas très philosophe, Michel Onfray dans "Libération". Seul contre tous, il défend Bartabas contre le "barbare" Nicolas Sarkozy. Le 21 décembre dernier, le dresseur de chevaux a violemment dévasté une partie des locaux de la Direction régionale des affaires culturelles (DRAC) de l'Ile-de-France, rue de Charonne à Paris, parce qu'il venait d'apprendre la baisse de ses subventions. Vous lirez le point de vue de Michel Onfray, qui peut se résumer ainsi : "Bravo Bartabas! Point de violence outrancière dans ce geste viril, n'inversons pas les rôles, la violence est du côté du gouvernement qui vide les caisses de la culture, opprime les créateurs et ammène Bigard au Vatican! Il y a dans la fougue d'Onfray un élan adolescent. Un manque de réflexion qu'un professeur de philosophie bifferait en rouge d'un: modérez vos ardeurs ou justifiez les avec plus d'arguments et de pertinence. Bartabas, comme on dit, la joue perso. Au moment du cri de douleur des intermittents, en 2003, s'est-il associé au mouvement? A part s'indigner de la grêve qui empêchait son public d'applaudir sa dernière création, a-t-il jamais pris le micro pour dénoncer les barbares du Médef qui qualifiaient les intermittents de privilégiés? L'a-t-on jamais vu s'associer à des directeurs de CDN ou de scènes nationales pour dénoncer les baisses de crédit? Bartabas, cavalier solitaire, joue de ses muscles et menace physiquement un représentant de l'Etat avant de jeter le mobilier national par la fenêtre. Il ne connaît que le coup de poing pour défendre ses propres intérêts. Individualiste, au fond, à l'instar de ce qu'il dénonce pourtant, la doctrine libérale. Onfray, au premier rang, applaudit, par principe.Certes, l'artiste Bartabas est attachant et ses spectacles parfois magnifiques. Mais sur ce coup, il est indéfendable. Et la philosophie ne lui est d'aucun secours.

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Onfray © Radio France
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