ORLAN est EXCEPTIONNELLE. Hors cadre, Hors norme et hors normal. Capitale. Elle était chez Augustin Trapenard ce matin.

Orlan, artiste "mutante", grande prêtresse des "opérations-chirurgicales-performances", pose le 17 septembre 1999 à la Maison européenne de la photographie à Paris, devant des auto-portraits.
Orlan, artiste "mutante", grande prêtresse des "opérations-chirurgicales-performances", pose le 17 septembre 1999 à la Maison européenne de la photographie à Paris, devant des auto-portraits. © AFP / Joël Robine

Elle fait l’objet d’une rétrospective à la Maison Européenne de la photographie jusqu’au 18 juin 2017. C’est pour cela qu’elle était chez Augustin Trapenard ce matin.

ORLAN travaille le corps, l’intime.

En 2010, Catherine Millet disait que l’artiste doit descendre dans l’intime, cela veut dire prendre des risques. On ne va jamais aussi loin que lorsque l’on est soi-même. Dans ce cas, on signe pleinement son travail. Peut-on alors travailler et signer son propre corps comme sa propre œuvre ? Pour ORLAN, il est néanmoins important de se positionner et d’apporter une réflexion sur ses projets et idées.

Si on a conscience qu’il y a un cadre, on peut passer au travers, en jouer, le casser, en reconstruire un autre.

Le corps est politique. Elle déplore le peu d’importance donnée à la culture par les politiques actuelles et actuels. Et elle dénonce également le fait que la télévision ne fait plus son travail : par cette phrase, elle redonne les lettres de noblesse à la télévision actuelle qui a été instructive.

Dès les années 60, ORLAN fait partie de ces artistes qui mettent le corps à l’honneur, en le triturant, en allant dans ses limites et ses espaces les plus intimes pour le sublimer et le tailler selon ses envies. ORLAN fait de l’art féministe, de l’art corporel, de l’art contemporain. Elle fait partie de ses artistes capable de contrôler leur corps à l’extrême, comme Marina Abramovic, tout en se détachant de l’art corporel, ne cherchant pas la douleur dans l’acte chirurgical. Le corps est utilisé pleinement, comme un outil de travail, comme un outil d'art.

Qu’est-ce qu’il y a de pire que la normalité ? La violence, mais c’est déjà une violence faite à nous tous d’être normé.

Pour échapper à la violence faite aux femmes et au corps des femmes, ORLAN s’empare de son propre corps et l’explose, le contraint pour elle-même d’abord, puis pour l’art… Elle a donc l’idée dans les années 90 de faire des opérations chirurgicales-performances, après avoir écrit le Manifeste de "l'art charnel". Mais pourquoi ? demande Augustin Trapenard. Parce que la chirurgie était populaire, pour se l’accaparer et pour aller contre les standards de beauté, pour l’art, pour une nouvelle image. Elle évoque le fait qu’elle était filmée durant les opérations chirurgicales qu’elle a effectuée dans les années 90 et projetée en direct dans des galeries, dans lesquelles on pouvait lui poser des questions.

*/!\ ÂMES SENSIBLES S’ABSTENIR (car opérations chirurgicales) /!*

Des articles ont été écrits sur ses opérations-performances, comme celui-ci.

Des artistes qui travaillent sur le corps, sur la représentation du corps et qui disent quelque chose autour de la représentation du corps, c’est là où la censure s'applique le plus facilement et cela peut revenir d’une minute à l’autre.

N’hésitez pas à signer sa pétition contre la mort.

Et on attend ORLAN TV (il n’y aura aucune diffusion des matchs de Ligue 1) !

Vidéo Ina

En 1993, Mireille Dumas interviewe l'artiste plasticienne ORLAN sur son travail sur son corps. ORLAN explique en quoi consiste le "body art", pourquoi elle travaille sur la représentation du corps dans l'art. On y voit des extraits d'archives d'une de ses performances d'une de ses opérations.

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