"La gare est superbe et a l'air d'un Palais des Beaux-Arts...

écrivait le peintre Edouard Detaille en 1900.

Dès 1973, la Direction des musées de France envisageait l'implantation dans la gare d'Orsay d'un musée où tous les arts de la seconde moitié du XIXe siècle seraient représentés. Menacée de démolition et de remplacement par un grand hôtel moderne, la gare est inscrite à l'inventaire supplémentaire des Monuments historiques, le 8 mars 1973. La décision officielle de construction du musée d'Orsay est prise en conseil interministériel le 20 octobre 1977, à l'initiative du Président Valéry Giscard d'Estaing. En 1978, le bâtiment est classé monument historique et l'établissement public du musée d'Orsay est créé pour diriger la construction et la mise en oeuvre du musée. Le Président de la République, François Mitterrand, inaugura le nouveau musée en décembre 1986.

Le musée d'Orsay a donc 25 ans et a décidé pour l'occasion de faire peau neuve en rénovant ses salles impressionnistes et post-impressionnistes situées au dernier étage, ainsi que des quatre étages du "Pavillon amont" qui y donne accès.

"C’est un musée radicalement neuf qui va être présenté au public" explique Stéphane Guégan, le conservateur peinture du musée. "Cette rénovation a permis de redonner une cohérence au parcours. Le musée d’Orsay est un musée de civilisation. Il s’agit de faire comprendre au public l’évolution de l’art moderne entre 1848 et 1914 dans un contexte particulier. Une gare, ce n’est pas nécessairement un espace très adapté à un musée. Au fil des années, le parcours a perdu sa clarté initiale. En déplaçant les œuvres, en repensant la déambulation des visiteurs, on retrouve cette cohérence."

Le Pavillon Amont

L'intérieur du pavillon Amont, ancienne salle des machines de la gare, a été entièrement reconstruit. Ce chantier a permis d'agrandir les espaces d'exposition, d'installer de nouveaux équipements et de créer un puits de lumière naturelle. Mais, ce qui frappe le visiteur dès son entrée, c'est l'utilisation de la couleur. Stéphane Guégan

Le rez-de-chaussée accueille les tableaux grands formats de Gustave Courbet (L'enterrement à Ornans, l'Hallali du Cerf, l'atelier du peintre...), qu'il a donc fallu déplacer.

A la fin de l'été 1849, Courbet s'attaque à son premier tableau monumental. Il souhaite en faire son "exposé de principe" et exprime son ambition en intitulant l'oeuvre "Tableau de figures humaines, historique d'un enterrement à Ornans ". La démarche de Courbet est alors radicalement novatrice : il use de dimensions ordinairement réservées à la peinture d'histoire, genre "noble", pour représenter un sujet banal.

Au Salon de 1850-1851. En cette seconde moitié de XIXe siècle, selon la tradition académique, les tableaux de grand format sont réservés aux sujets historiques, bibliques, mythologiques ou allégoriques. Courbet maltraite cette convention en peignant un monde familier, domestique, sur de très grandes toiles.

Cette période trouve son apogée dans L'Atelier du peintre (1854-1855), véritable tableau-manifeste dans lequel Courbet affirme ses choix artistiques et politiques. Courbet donne d'ailleurs à cette oeuvre de près de quatre mètres sur six le sous-titre évocateur de "Allégorie réelle déterminant une phase de sept années de ma vie artistique et morale ".Le jury du Salon de 1855 accepte plus d'une dizaine de toiles de Courbet, mais refuse son Atelier, à cause de la taille de l'oeuvre. Cette décision incite Courbet à organiser une exposition particulière, en marge de l'Exposition universelle, dans un bâtiment édifié à ses frais et qu'il nomme le "pavillon du Réalisme".

La galerie impressionniste

Musée Orsay - Galerie Impressioniste
Musée Orsay - Galerie Impressioniste © Radio France / Sophie Boegly

La grande galerie du cinquième étage consacrée à l'impressionnisme a subi une véritable métamorphose. de même que l'ancienne salle des colonnes, où étaient présentées les oeuvres néo-impressionistes Stéphane Guégan

Le café de l'Horloge

Café de l'Horloge
Café de l'Horloge © Radio France / Frères Campana

Dès les premières réflexions sur le réaménagement des salles, il est apparu essentiel d'intégrer le design contemporain à l'architecture du lieu. C'est dans cette optique qu'ont été sollicités les frères Campana pour renouveler entièrement le décor du café de l'Horloge.

S'inspirant d'Emile Gallé, les deux célèbres designers brésiliens ont imaginé une atmosphère "onirico-aquatique", comme un hommage au grand verrier lorrain et à l'Art Nouveau.

Auteur : Anne Audigier

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