À Montrouge, le plus grand salon annuel consacré aux jeunes artistes contemporains en France a ouvert ses portes ce vendredi. Plusieurs prix vont être remis à ces artistes pour la plupart débutants.À côté des galeries et des foires, les prix d'art sont un beau moyen pour se faire connaître.

Le Beffroi de Montrouge, où se déroule chaque année le salon d'art contemporain
Le Beffroi de Montrouge, où se déroule chaque année le salon d'art contemporain © MATTHIEU_CAMILLE_COLIN

Dans l'art (contemporain), vous connaissez les musées, peut-être les galeries, éventuellement les foires et biennales... mais savez vous qu'il existe aussi de nombreux prix, destinés à faire connaître les futurs talents de l'art contemporain ? Ce vendredi à Montrouge, près de Paris, le 64e Salon de Montrouge a ouvert ses portes pour près d'un mois : 52 artistes y sont présentés, dans un événement qui est autant une exposition qu'une compétition. 

"Troisième voie" très prisée

Le salon, qui a révélé de nombreux artistes contemporains, est extrêmement prisé : cette année, les organisateurs ont reçu pas moins de 2 000 candidatures, pour n'en retenir que 52 au final, dont une majorité de femmes (31 femmes artistes dans la sélection). Quatre prix majeurs et une multitude d'autres récompenses ont été décernés ce vendredi soir : le Grand prix du salon, remis cette année à Aïda Bruyère, assure à son lauréat ou sa lauréate une exposition en 2020 au Palais de Tokyo, haut lieu français de l'art contemporain. 

Les salons et les prix apparaissent comme une troisième voie, à côté des deux grands circuits de l'art contemporain : le circuit public, fait essentiellement de FRAC (Fonds régionaux d'art contemporain), CRAC et autres acronymes en -AC, plus ses institutions nationales le MNAM (mieux connu sous le nom de "musée du Centre Pompidou") et CNAP (Centre national des arts plastiques) ; et le circuit privé, où règnent galeries, collections et fondations, tout ce monde se retrouvant lors de grandes foires et de ventes aux enchères. Entre les deux, il y a donc ces "concours" où les artistes se disputent les prix prestigieux qui les propulsent en haut de l'affiche - et qui sont d'autant plus difficiles à décerner que toutes les disciplines s'affrontent. C'est donc la démarche de l'artiste et le rendu final qui font la différence.  

Le travail d'Aida Bruyère a été récompensé au Salon de Montrouge
Le travail d'Aida Bruyère a été récompensé au Salon de Montrouge / Aida Bruyère

Les prix les plus connus récompensent déjà des artistes renommés, soutenus par des galeries ou des collections. Le prix Marcel Duchamp, décerné chaque année depuis l'an 2000, au moment de la Foire internationale d'art contemporain (Fiac), met en compétition des artistes jeunes mais confirmés, exposés au Centre Pompidou pour l'occasion. En 2018 le gagnant s'appelle Clément Cogitore, et c'est tout sauf un "petit jeune" : présenté au MoMA de New York, au Palais de Tokyo ou pensionnaire à la Villa Médicis de Rome, il a aussi été en sélection à la Semaine de la critique de Cannes ou aux César. 

Des prix pour artistes plus ou moins confirmés

Le prix de la fondation d'entreprise Ricard, décerné par un jury de collectionneurs, fait aussi partie des plus prisés, car il fait le pont entre les deux mondes précédemment cités : chaque année, son lauréat a un privilège non négligeable : l'oeuvre qui lui rapporte le prix est offerte... au Centre Pompidou, qui l'intègre à sa collection. Parmi les lauréats, on trouve des noms devenus aujourd'hui célèbres dans le monde de l'art, comme ceux de Loris Gréaud, Mircea Cantor, Tatiana Trouvé... ou un certain Clément Cogitore (encore lui), lauréat en 2016. Mais là encore, les artistes qui font partie de la sélection chaque année sont déjà plus ou moins intégrés au circuit. Quant au prix Opline, il axe son concept non pas sur la sélection mais sur le vote, qui se fait en ligne et donc est ouvert à tous. 

Dans le prix Sciences Po pour l'art contemporain, qui ne récompense que des artistes de moins de 35 ans diplômés d'une formation en art, et y proposer une oeuvre jamais exposée dans un autre prix. À Montrouge, les conditions sont encore plus restrictives : le dossier de candidature mentionne que "les candidats doivent être au début de leur carrière : ne pas avoir de galerie attitrée, ne pas avoir déjà présenté leur travail à un large public". 

Outre Aïda Bruyère, d'autres artistes ont été primés vendredi soir à Montrouge, et chacun.e repartira avec une dotation différente : Oussama Tabti, Zoreh Zavareh et Arthur Hoffner ont respectivement gagné les prix des Beaux-Arts de Paris, du Conseil département des Hauts-de-Seine et de la révélation arts plastiques ADAGP. Autant de noms qui feront sûrement parler dans les années à venir. 

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