Boris Razon
Boris Razon © Editions Stock

Un hypocondriaque ne saurait prendre au sérieux les multiples symptômes qui tout d’un coup l’assaillent. Chaleurs, raideurs, lourdeurs, fourmillements, tout cela ne saurait être que fadaises. C’est sur ce ton que commencePalladium, dans lequel Boris Razon raconte sa propre histoire. Il a été atteint subitement d’une forme sévère et atypique de la maladie de Guillain Barré, tsunami neurologique, réaction cataclysmique à un virus venu d’on ne sait où, et qui l’a coupé du monde pendant de longues semaines, le laissant abîmé pour toujours, mais aussi plus sage peut-être.

Il s’adresse au lecteur, «le croiras-tu mon ami », et en posant cette question il laisse la liberté à chacun de ne pas y croire pas tout à fait. C’est une fiction, pure littérature, que cette déchéance subite du corps, cette invasion de souffrances laissant cet homme non pas dans le coma, mais derrière un hublot hermétique, dans un enfer indicible, dans un magma de fanstasmes et de délires hallucinants. Dans ce pays-là personne ne veut aller. Le lecteur se rassure, ce livre est un roman, avec cette étiquette, les choses sont plus facile à supporter . Et le voilà parti le lecteur à observer ce héros grabataire, voyageant en train, à Ecully, alors qu’il est hospitalisé à Paris, rencontrant femmes, hommes, pompiers, oiseaux et traversant des dizaines d’aventures invraisemblables. C’est à s’y perdre. Quelques fils rouges tiennent lieu de bouées de sauvetage pour le lecteur, notamment ce duel qui oppose le narrateur à un homme qui l’épie et attend sa place.

L'expérience de l'écriture alors que Boris Razon est soigné en rééducation, pour récupérer après plusieurs semaines de paralysie :

Cette méningo-polyradiculo-névrite a plongé Boris Razon dans une absence totale de communication avec les siens pendant deux mois, et ensuite, l'a contraint pendant encore une année à une rééducation pour récupérer ce corps déglingué devenu irrespirable. Deux mois de délire dans un trou noir dont il est le seul à détenir les clés et les codes, et encore...et quelques sept ans, pour sortir de ce cauchemar, par l'écriture de ce livre, jusqu'à trouver la bonne distance avec cette réalité.

Palladium, Boris Razon, parution le 21 août

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