L'exposition a pour marraine une figure exceptionnelle de la chanson française : Juliette Gréco.

A l'occasion de la Fête de la musique, l'exposition__ sera ouverte jusqu'à minuit et à demi-tarif (3 €) pour tous. Le groupe Paris Combo donnera un concert dans la cour de la Bibliothèque historique de la Ville de Paris à 20h30.

Nous avons tous en tête une chanson qui évoque Paris, quels que soient notre génération et nos goûts musicaux. Selon George Gershwin, « il n’y a que deux sujets de chansons possibles : Paris et l’amour », deux sujets d’ailleurs souvent associés… Du XVIe au XXIe siècle, les chansons sur Paris forment un corpus considérable, de plusieurs milliers de titres.Quelles images de Paris nous renvoient-elles, quelle réalité, quel imaginaire, quelle vision poétique de la Ville véhiculent-elles ?

Paname, 1960

On t’a chanté sur tous les tonsYa plein de paroles dans tes chansons . Léo Ferré

Le long des rues de Paris

Si le thème parisien s’exprime déjà dans la chanson de Clément Janequin, Les cris de Paris (vers 1520), il connaît un essor considérable et multiforme à partir du XIXe siècle et demeure, encore aujourd’hui, un sujet de prédilection pour des artistes très divers. Certaines chansons se font l’expression de l’amour porté à la ville, patrie d’origine ou d’adoption –J’ai deux amours… -, ou de la nostalgie d’un Paris perdu – Où est-il donc ? – voire disparu. On célèbre le ciel de Paris, ses saisons, ses heures, de l’aube à la nuit. Paris est d’évidence la ville des amours, naissantes, meurtries ou défuntes.

La Seine, les quais et les ponts sont chantés pour leur beauté , leur histoire, leur romantisme, tour à tour lieux sentimentaux par excellence et lieux de la misère humaine. Il n’est pas un quartier de Paris qui ne soit le sujet ou le cadre d’une chanson, selon une tradition mise en place à la fin du XIXe siècle par Aristide Bruant – À Grenelle, À Batignolles, À la Bastille, etc.-. Les chansons dressent une véritable cartographie des rues de la capitale, qu’il s’agisse d’exprimer l’esprit d’un lieu ou simplement de localiser une aventure.

L’omniprésence des quartiers à forte identité culturelle ou sociale, Montmartre , Pigalle , la Bastille , Saint-Germain-des-Prés , n’exclut pas les rues moins typiques, du coeur de la cité à sa périphérie. Et parfois, par une imprégnation durable de la mémoire collective, la chanson contribue à entretenir l’image mythique de certains quartiers de Paris, rue de Lappe ou Pigalle par exemple, en décalage avec leurs évolutions actuelles.

Présentation de l'exposition dans le carrefour de la culture du 23 mars.

Ça, c'est Paris, 1926. Mistinguett

Paris, reine du monde Paris, c'est une blondeLe nez retroussé, l'air moqueurDes yeux toujours rieursTous ceux qui te connaissentGrisés par tes caressesS'en vont mais reviennent toujoursParis, à tes amours ! ... Paroles de Lucien Boyer et Jacques-Charles. Musique de José Padilla.

Un Paris mythique

S’inscrivant dans une tradition littéraire du XIXe siècle, la chanson nous propose une physiologie des Parisiens, souvent moqueuse, parfois contestataire :le gamin de Paris , la Parisienne , mais aussi lesfilles perdues , les marginaux ou les exclus . Enfin, la vie quotidienne à Paris, des moyens de transport, en particulier le métro, aux plaisirs nocturnes, est une source d’inspiration privilégiée.

Musiciens des rues, marchands de chansons. Paris (XIVème arr.), place Denfert-Rochereau, 1938.
Musiciens des rues, marchands de chansons. Paris (XIVème arr.), place Denfert-Rochereau, 1938. © Roger Viollet

On ne pourra qu’être frappé par la permanence ou la récurrence de certains de ces thèmes, comme par exemple la filiation qui relie Paris à cinq heures du matin , écrit par Marc-Antoine Désaugiers en 1802, àIl est cinq heures, Paris s’éveille chanté par Jacques Dutronc en 1968. La variété des types de chansons – romances sentimentales, chansons réalistes, poétiques, engagées ou chansons comiques, parfois très drôles -, comme leurs qualités littéraires et mélodiques, sont à la mesure de ce thème parisien qui a inspiré, à toutes les époques, les plus grandes personnalités.

Amoureux de Paname 1975

Moi j’suis amoureux de PanameDu béton et du macadamSous les pavés, ouais, c’est la plage,Le bitume c’est mon paysage . Renaud

Une collection inédite !

Pour la première fois, une exposition, conçue par deux bibliothèques spécialisées de la Ville de Paris, la Médiathèque musicale de Paris et la Bibliothèque historique , traite ce sujet, associant documents sonores, iconographiques et audiovisuels.

Affiche Aristide Bruant par Toulouse-Lautrec  / Juliette Gréco
Affiche Aristide Bruant par Toulouse-Lautrec / Juliette Gréco © Musée Carnavalet / Roger-Viollet

La Médiathèque musicale de Paris a puisé dans ses fonds d’une richesse exceptionnelle, en particulier ses collections de microsillons, des enregistrements rares qui voisinent avec les « standards » incontournables. “La chanson de Paris” devient le prisme de l’histoire de la chanson française, tant il n’est guère d’auteurs, de compositeurs ou d’interprètes qui ne se soient prêtés à ce genre. Provenant également des fonds de la bibliothèque historique et pour les photographies, des collections de l’agence Roger-Viollet, « petits formats », partitions, pochettes de disques, photographies, affiches, estampes, manuscrits, cartes et plans concourent à une évocation en images de l’histoire de Paris, qui fait écho aux chansons et images animées.

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