Paris Photo a ouvert ses portes au Grand Palais. Pour cette 18ème édition, 35 pays représentés, 143 galeries et 26 éditeurs internationaux présentent les travaux de photographes historiques et très cotés mais aussi de jeunes artistes montants.

Robert Mapplethorpe Lindsay Key, 1985 /Galerie Thaddaeus Ropac
Robert Mapplethorpe Lindsay Key, 1985 /Galerie Thaddaeus Ropac © Robert Mapplethorpe & Galerie Thaddaeus Ropac

Ici pas de traîne-savates à gilet multipoches ou de dandys pénétrés Leica en bandoulière comme aux Rencontres d'Arles. Ici le passionné est en costume, un carnet de chèque près du cœur que des galeristes non moins passionnés vont tenter de lui faire sortir. La photo se vend bien sur le marché de l'art et il y va aussi de l'intérêt des artistes. Ainsi le travail que fait la galerie Agnès B qui propose aux côtes de Larry Clark de jeunes photographes tout aussi engagés mais encore relativement aux marges. Après on trouve tout de même en grande majorité des valeurs sûres ainsi ce grand solo show de Robert Mapplethorpe qu'Isabelle Huppert a pensé et accroché pour la galerie.

Benedicte Burrus , de la galerie Thadeus Ropac :

Beaucoup moins abordable mais passionnant est le travail de Nicholas Nixon qui depuis 40 ans suit quatre sœurs qu'il photographie chaque année. Frisch Brandt de la Frankeal Gallery qui s'occupe de la vente.

Il y a un vrai mystère. Parce c'est juste une photo par an. Ce n'est pas leur histoire d'une année. Et on s'interroge : est-ce qu'elles ont cette tête parce qu'elles ont eu une bonne année ou un bon jour ? Il n'y a que la photographie qui permette un tel portrait, un peintre peut faire un tableau sur 40 ans mais il n'aura pas la vérité de la photographie.

Fraenkel Gallery's Booth with Nicholas Nixon's Brown Sisters' series, the Grand Palais, 12 November 2014
Fraenkel Gallery's Booth with Nicholas Nixon's Brown Sisters' series, the Grand Palais, 12 November 2014 © Jérémie Bouillon/Paris Photo
Fraenkel Gallery's Booth with Nicholas Nixon's Brown Sisters' series, the Grand Palais, 12 November 2014
Fraenkel Gallery's Booth with Nicholas Nixon's Brown Sisters' series, the Grand Palais, 12 November 2014 © Jérémie Bouillon/Paris Photo

La série des Brown Sisters vaut 450 000 euros. Et parce que l'argent n'achète pas tout, son acquéreur devra l'exposer non pas chez lui mais dans un grand musée.

Mention spéciale à Antoine D'Agata

Le photographe dont la pratique est née de la rue, a été un temps élève de Nan Goldin . Il a fait des caniveaux, des bordels, des extases charnelles et narcoleptiques l'axe de son travail. A Paris Photo, la galerie des Filles du Calvaire expose deux séries : des tout petits portraits en pied de prostituées d'Angkor et des maisons de Fukushima .

L'éditeur et galeriste Pierre Hourquet propose Fractal. Un projet à partir de milliers de photos issues de fichiers de police collectées par Antoine D'Agata sur Internet en 2012 et 2013. Vernissage 13 novembre.

Atlas, d'Antoine d'Agata
Atlas, d'Antoine d'Agata © NORTE DISTRIBUTION

Il faut aussi voir Atlas , son film. A Bangkok, à Bali, à en Norvège, dans les bordels du monde, sur ses trottoirs, dans des chambres d’hôtel borgnes, il fait l’amour à des filles qui lui louent leurs corps, se droguent avec lui et parlent du plaisir, des extases, de la tristesse et du vide.

C’est d’une beauté effroyable, d’une douleur ineffable. Atlas est visible, interdit aux moins de 16 ans au MK2 Beaubourg à Paris.

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