"Paris photo" continue d'émerveiller et d'exaspérer. Cette grosse foire aux images attire des milliers de visiteurs, c'est vrai, mais elle coûte cher : 18 euros l'entrée et 50 euros le catalogue. Qui peut se permettre de venir à plusieurs, entre amis, en famille, par exemple?

Dovima and the elephants
Dovima and the elephants © radio-france / Richard Avedon
La photo est un art qui se partage autant que la peinture et il faudrait veiller à ce que cette entreprise privée parrainée par le ministère de la culture retombe sur terre et tende vers la sacro-sainte démocratisation culturelle. Cela dit, l'attraction de l'image étant ce quelle est depuis les années 80, il était difficile dimanche de faire un pas sans bousculer ou se faire marcher sur les pieds. Et le jeu en valait la chandelle. Découverte d'artistes et de galeries de l'Est. On photographie beaucoup en Roumanie, en Hongrie, et pourtant l'oeil s'arrête encore sur ces chevaux blancs en cours de dressage par leurs maîtres roms, la série des années 60 "Gitans, la fin du voyage" par le tchèque Joseph Koudelka, dont cette photo du cheval, tête basse, atteint sept mille euros. On se réjouit de voir que le stand de la galerie "Silk Road" de Téhéran ne désemplit pas. Depuis huit ans, sa directrice, la belle Anahita Ghabaian-Ettehadieh, résiste à la dictature et à la censure. Elle présente à nouveau une série de l'iranienne trentenaire Gohar Dashti, "Today's life and war". L'artiste place un jeune couple iranien dans des activités quotidiennes (lecture du journal, dîner, télévision au salon...) dans des endroits où des combats ont (eu) lieu. Côté français, on constate avec plaisir la vitalité d'une galerie comme "Camera Obscura". L'un de co-directeurs, Didier Brousse, barbu discret et brillant spécialiste de l'image affiche un large sourire. Il a beaucoup vendu. Notamment des vues new-yorkaises de Saul Leiter, un berger égyptien de Denis Dailleux, des images familiales de Patrick Taberna ou les minuscules images poétiques en noir et blanc du japonais Yamamoto, prouvant l'éclectisme de ses goûts. Dans la soirée, une information confirmait que la crise ne touchait plus le marché de la photo. La célèbre image de Richard Avedon représentant le mannequin Dovima en robe de soirée Dior, posant devant des éléphants, est partie lors d’une vente aux enchères parisienne chez Christie’s au prix de 841 000€, soit près de deux fois plus que son estimation. L'image avait été prise en 1955 au cirque d’Hiver à Paris. Le photographe l’avait conservée dans son studio new-yorkais. Le total de cette dispersion aux enchères, entièrement consacrée à Avedon, a atteint 5,467M d'euros.
Yamamoto
Yamamoto © radio-france / Masao Yamamoto
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.