non, Paris quartier d'été
non, Paris quartier d'été © radio-france

nous n’allons pas ensemble cet été découvrir l’Amérique. Mais notre ambition, pour modeste qu’elle soit, n’en est pas moins grande : nous voudrions vous parler normalement. Nous voudrions en finir avec la langue de bois, qui n’est pas la plus douce, et prendre un temps pour dire les choses comme elles sont, comme elles viennent, comme nous les sentons.

Affiche de Paris quartier d'été
Affiche de Paris quartier d'été © radio-france

C’est vrai : il n’y a pas de quoi se réjouir, et au fil des spectacles de cet été, avec gravité parfois, avec fantaisie souvent, les artistes témoignent de nouvelles difficultés d’être dans ce monde, d’être tout seul, ou à deux, ou même de tenter d’exister à plusieurs. Mais certains peuvent s’envoler dans les airs pour y trouver de nouvelles perspectives (sauf que tout le monde n’a pas la chance d’être trapéziste). D’autres peuvent s’extraire de tous les virtuels en revenant à une forme d’animalité (sauf que tout le monde n’a pas vocation à devenir une araignée ou un cheval). D’autres encore proposent d’échapper aux vitesses vertigineuses en ralentissant le mouvement , en travaillant une note après l’autre, un pas puis le suivant – et ça, chacun d’entre nous peut le tenter.Faisons donc un pas. Ce sera déjà pas mal. Alors que se multiplient les moyens de communication et les réseaux dits sociaux, il semble bizarrement plus difficile d’établir le contact. Au contact, nous vous proposons d’y aller, et d’y aller franchement. Pas avec violence. Sans en faire tout un plat. Avec des jeux et des surprises, comme autant de petits pactes, comme autant d’aveux de désirs, que l’on pourra faire sans rougir, ou en rougissant – pourquoi pas ?Viendrez-vous à l’Opéra Comique pour y rencontrer dans ses œuvres un artiste fort connu , mais qui cette fois-ci, par amour du jeu et par facétie, a choisi avec nous de ne pas se faire connaître et d’avancer incognito ? Viendrez-vous dans un lieu inconnu pour découvrir un artiste dont le nom ne vous dira rien, mais que vous serez le premier à conseiller à vos amis ? Serez-vous assez dingues, dans un cas comme dans l’autre ? Nous l’espérons pour vous.Il suffira d’un mot. Le plus court, le plus définitif, le plus sensuel aussi, et le début de toutes choses. Ce n’est pas encore un gros mot, mais il n’est pas petit. Nous avons voulu l’inscrire sur le bleu d’un ciel d’été, pour le murmurer à voix basse, pour l’affirmer haut et fort, pour le penser chaque matin en regardant la ville de sa fenêtre :

oui, Paris quartier d'été
oui, Paris quartier d'été © radio-france

Quelques spectacles

À ne pas rater !

Plus culte que culte : Raoul, de James Thierrée les 22, 23, 24 et 25 juillet à 20h à l'Opéra Comique 75002 Paris

Via Katlehong Dance - Via Sophiatown

du 14 juillet au 3 août à 17h ou 20h30 selon les dates au Théâtre de la Cité internationale Quoi… Encore ? Eh oui, revoici l’Afrique du Sud à Paris quartier d’été. Parce qu’on n’a pas fini d’explorer ce territoire immense qui, depuis quelques années, prend avec vigueur la parole. Sans pathos, sans colère, avec la vitalité époustouflante d’un pays tout jeune, qui a toujours su se servir de la musique et de la danse pour raconter ses histoires. Née dans un township au début des années 1990, la troupe des Via Katlehong Dance raconte ici l’histoire du mythique quartier de Sophiatown.

Pierre Henry - Voyage à travers ma modernité

Au Carreau du Temple - du lundi 14 juillet au samedi 19 juillet à 20h30 L’aviez-vous oublié ? Par décret solennel et sentimental, Pierre Henry est “pour toujours” l’invité de notre festival. Précurseur de toutes les musiques électroniques, aventurier acoustique, chercheur, compositeur et interprète, il prendra d’assaut le Carreau du Temple fraîchement rénové, alliant, comme à son habitude le plus ancien et le flambant neuf. Pendant une semaine, au long cours de six concerts où se côtoieront œuvres marquantes et créations, il invite à de nouvelles expériences inouïes.

Pierre Henry © Léa Crespi - Via Katlehong Dance © Annely Boucher - La religieuse à la fraise
Pierre Henry © Léa Crespi - Via Katlehong Dance © Annely Boucher - La religieuse à la fraise © Kaori Ito

### Kaori Ito & Olivier Martin-Salvan - Religieuse à la fraise

Différents endroits à Gennevilliers, Nanterre et Bagneux et avec Les Berges et Bercy Village et aussi à des horaires différents. Pour les spectacles du 1e août au Square des Amandiers, du 03 août à la BHVP et du 08 août au Musée de Cluny : afin de pouvoir entrer et s’installer tranquillement, il faudra tout de même prendre son billet. Ils seront distribués une heure avant chaque spectacle.Que nous promet-on avec cette mystérieuse Religieuse à la fraise ? Une friandise estivale ? Une fantaisie pâtissière ? Pour l’heure, on sait seulement qu’elle se dégustera à l’air libre et qu’elle aura pour protagonistes deux artistes que leurs cultures et leurs physiques opposent et que leur intrépide curiosité réunit.

Tino Fernández - Diario de una crucifixiÓn

Du 22 au 26 juillet au Carreau du Temple (3e) Enfermé dans une boîte transparente, offert et abandonné aux regards, un danseur devient tour à tour pénitent et sauveur, pape et mendiant aux pieds nus…Inspiré par les peintres et par les liturgies, ce “Journal d’une crucifixion” observe et figure les images religieuses, dans leur puissance et leur douceur, dans leur violence et leur candeur… Une méditation en mouvement, forcément passionnée.

Chloé Mogliaori - Horizon

du 27 juillet au 1er août C’est une courbe et c’est un sommet, qui se plante au hasard des rues et des ambiances et se colore de tout ce et de tous ceux qui l’entourent. Dans les airs, à près de six mètres au-dessus du sol, Chloé Moglia propose à tous de partager un moment hors du quotidien, non pas un spectacle mais un temps fort et suspendu.Un projet à la fois simple et infini : faire sentir ce qui se passe en l’air et avec l’air.

Taimane Gardner

du 19 au 27 juillet dans plusieurs lieux Il faut sans doute un grand talent pour jouer d’un petit instrument. Quand elle a commencé le ukulélé, Taimane Gardner était minuscule, à peine plus haute qu’une guitare : elle avait 5 ans.“Mon père en a rapporté un à la maison. J’ai joué devant le miroir en m’imaginant être une rock star… Jusqu’à ce que je casse une corde. Et là, mon père s’est dit que ce serait sans doute une bonne chose que je prenne des cours.” C’était il y a bientôt vingt ans, et Taimane n’a pas depuis lâché l’instrument.A 13 ans, alors qu’elle fait la manche dans les rues de Honolulu, elle est repérée par un membre du groupe de Don Ho, star de la pop hawaïenne, qui l’invite bientôt à rejoindre son ohana (famille musicale) – adoubement et consécration pour la jeune virtuose aux pieds nus (c’est comme ça qu’elle aime jouer). C’est là, tous les vendredis soir, qu’elle commence sa carrière de musicienne professionnelle....

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