Allez-vous tomber amoureux ce soir ?

Soyons honnêtes pour une fois : pourquoi allons-nous au spectacle ?Oui, d’accord, la curiosité, la culture, l’art, tout ça... Mais n’y aurait-il pas autre chose, de plus profond, de plus palpitant, de plus caché aussi, que, d’une façon générique, on pourrait qualifier d’espoir ? Acheter sa place, prendre un métro, faire la queue... Ces laborieux travaux d’approche ne pèsent rien quand ils semblent la voie la plus courte vers ce qui, dans la vie, est le plus long à atteindre : une émotion, une vision nouvelle, un bouleversement, la sensation de se perdre et de se trouver dans un même mouvement. Passé les servitudes et les tracas, les incertitudes et les aléas, c’est ce moment et cet état que le festival travaille à vous procurer. Une heure, ou moins, ou plus peut-être, un spectacle dont on sort en disant : “Il m’est arrivé quelque chose”. Une rencontre : c’est peu dire mais c’est aussi dire tout.

L’été, c’est la saison des coups de soleil, des orages, des allers et retours et des transgressions. Sans doute est-ce donc notre destin de nous inscrire dans le désordre – nous sommes, après tout, Paris quartier d’été. qu’y pouvons-nous ?Toutes ces sensations fortes, dangereuses ou interdites, sont notre fond de commerce. Parce que, l’été, c’est pas pareil. C’est le moment où on déménage, celui où les trajets les plus quotidiens peuvent devenir transports en commun, c’est le temps où les choses se passent, et, c’est une chance pour un festival, où il n’est pas dit que tout se passe comme prévu.Donc, si vous pensiez assister à quelque messe culturelle, vous vous serez fort heureusement trompés. Nous nous trouverons dans les arbres, à l’aurore, sur les berges de la seine, sur les places, peut-être même sous la pluie, au coeur de Paris ou ailleurs, mais le principal est que nous nous trouverons.Nous aurons toutes les audaces. Même s’il se trouve des esprits chagrins pour s’étonner et dire : “Mais où vous croyez-vous ?”Patrice Martinet

Quelques temps forts :

Symphoca Princess Barid'Eun-Me Ahn Des démons en robes à pois, des sorciers-guérisseurs montés sur platform shoes, des serviteurs du temple gantés de caoutchouc rose, ou des esprits flottant dans le plus simple appareil…Fermement fidèle à la tradition et totalement pop, Symphoca Princess Bari déploie des trésors d’inventivité chorégraphique et formelle pour mieux inscrire dans l’époque moderne une épopée millénaire. Chanteuses de pansori et mauvais garçons de Séoul, scooters et ombrelles,ballons et lamés se côtoient avec harmonie dans cette opulente production qui réunit danseurs, chanteurs et musiciens. À l’origine de cette dingue “Symphoca”, on trouve une créatrice fulgurante, Eun-Me Ahn, que Paris va enfin découvrir avec une oeuvre totale, intimiste et flamboyante.

Symphoca Princess Bari Yougmo Choe
Symphoca Princess Bari Yougmo Choe © Paris Quartier d'été

Refuse the Hour de William Kentridge , avec Philip Miller, Dada Masilo, Catherine Meyburgh

N’oubliez pas l’heure, ne l’ignorez pas … Refusez-la !Seul un artiste virtuose comme William Kentridge pouvait se permettre pareil projet et pareille injonction : refuser le temps...Rien que ça ! Voyageant avec souplesse d’un récit mythologique aux beautés méconnues de la mécanique des horloges, mêlant danse, musique et aventures esthétiques, "Refuse the Hour" aborde avec une joyeuse nonchalance quelques interrogations essentielles : connaît-on jamais la durée d’un rêve ? Ou celle d’un baiser ? Le même train va-t-il toujours à la même vitesse ? Peut-on continuer à aller de l’avant sans jamais cesser de remonter le temps ? De quoi produire plus de questions que de réponses, mais une certitude cependant : le temps du plaisir ne saurait se mesurer aux autres.Pour preuve : cet opéra de chambre dure une heure vingt, et on aurait bien tort de refuser celle-là.

32 Rue Vandenbranden
32 Rue Vandenbranden © Paris Quartier d'été / Herman Sorgeloos

32 rue Vanderbrandenn de Peeping Tom Égarée dans un improbable paysage de bout du monde, scintillante d’étrangeté, la rue vandenbranden des Peeping Tom procure l’impression inédite de pénétrer par effraction dans le rêve de quelqu’un d’autre. Parfois, ça fait peur ; parfois, ça fait rire ; parfois, ça propulse plus avant dans un nouveau songe.

Toute la programmation à découvrir ici >

lien image evenement festival de l'été
lien image evenement festival de l'été © Radio France
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.