Les trois lauréats du concours "Prises de rue"
Les trois lauréats du concours "Prises de rue" © Capture d'écran wipplay.com

L'exposition "Prises de rue" est à voir jusqu'au 19 mars, devant l'Hôtel de Ville de Paris. L'originalité ? Les 30 photos exposées ont toutes été prises par... des SDF. C'est l'association Deuxième Marche qui leur a prêté les appareils photo.

Et si la photographie pouvait aider à la réinsertion ? C’est, en tout cas, le pari de l’association Deuxième Marche. Pendant un mois, cette structure a confié un appareil photo à 13 SDF, pour leur permettre de prendre des clichés dans les rues de Paris. Le résultat ? 30 photos, sélectionnées par un jury de professionnels, et exposées jusqu’au 19 mars devant l’Hôtel de Ville de Paris. Dans la rue, évidemment.

Ils voient ce qu’on ne voit pas

Et l’on découvre que le regard des sans-abri, sur les rues de Paris, qu’ils fréquentent tous les jours, est très différent. Pour Brigitte, une passante qui s’arrête devant l’expo, ces SDF voient des choses que l’on ne voit pas :

C’est une autre vision qui nous est proposée. Quand nous voyons un escalier, nous ne pensons pas « ascenseur social ». Quand nous voyons une fontaine, nous ne voyons pas nécessairement une salle de bain.

Salle de bain, par Lorenzo M.
Salle de bain, par Lorenzo M. © Lorenzo M.

Cette Salle de bain , c’est l’œuvre de Lorenzzo. Cet homme de 55 ans, aux cheveux longs, se définit comme étant « en chemin ». Dans la rue, personne ne s’arrête devant Lorenzzo. Alors, pour cette expo, il ne demande qu’une seule chose, c’est que les gens s’arrêtent pour regarder sa photo d’une fontaine.

Y avait des chaussures et le pantalon dedans. Ça représente, pour moi, la salle de bain d’une personne dans la rue. Lorenzzo M.

Une ligne sur le CV

La lutte contre l’exclusion est la « grande cause » du mandat d’Anne Hidalgo, la Maire de Paris. C’est aussi le cheval de bataille de l’association Deuxième Marche, qui travaille à la réinsertion des SDF. Pour la Présidente, Elisabeth Tiberghien, cette exposition permet d’enrichir le CV des participants :

J’en ai un, sur les 13, qui a trouvé un travail de jardinier. Un autre, qui est un ancien informaticien, a retrouvé du travail.

L’exposition, gratuite, est visible jusqu’au 19 mars, devant l’Hôtel de Ville de Paris, rue de Rivoli.

Leo Tescher l'a visitée.

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