Depuis plus de 40 ans, la voix de Paula résonne sur les antennes de France Inter. Une (belle) page qui se tourne.

Paula Jacques
Paula Jacques © Radio France / Christophe Abramowitz

Le micro

Paula Jacques est née au Caire dans une famille juive qui sera expulsée en 1957. Elle passe son enfance en Israël dans un kibboutz, avant de venir en France.
A Paris, elle exerce toutes sortes de « petits métiers », puis elle fait de l'animation culturelle à la Comédie de Saint-Étienne et créé, en 1971, une compagnie théâtrale.

En 1975, elle devient journaliste, tout d’abord dans la presse écrite, puis à Radio France. C’est dans « L’oreille en coin » de Pierre Codou et Jean Garretto que les auditeurs la découvrent. Un programme dans lequel sa créativité et sa curiosité sans faille s’épanouissent. Kriss, Marie-Odile Monchicourt, Daniel Mermet, Paula Jacques…. « L’Oreille » est une troupe, un vivier de découvertes et de talents qui fera les beaux jours de France Inter jusqu’en 1990.

A l’occasion des 50 ans de France Inter, en 2013, Paula se souvenait dans Le Monde de ses débuts : "J’ai débuté un peu par hasard à Radio France, au moment où soufflait un vent de liberté et où tous les tabous sautaient. Après France Culture, je suis arrivée sur Inter dans “L’Oreille en coin”. A l’époque, cette émission très populaire était une radio dans la radio. On y expérimentait toutes les formes de montage et d’écriture. Ce qui a été inventé à la radio l’a été dans cette émission."

L'Oreille en coin, campagne publicitaire
L'Oreille en coin, campagne publicitaire

La plume

Parallèlement, elle se lance dans l’écriture. En 1980 paraît « Lumière de l’œil » (Mercure de France) dans lequel Paula raconte les derniers jours de la communauté juive au Caire, entre 1952 et 1957.
De son histoire, de son exil, de ses déchirements, de ses rencontres Paula compose en dix romans une œuvre dense, joyeuse et tendre. Il faut lire et relire « L’héritage de Tante Carlotta », « Déborah et les anges dissipés » (Prix Femina 1991), « Gilda Stambouli souffre et se plaint » pour se retrouver plongés dans l’histoire des Juifs d'Égypte, en compagnie de personnages hauts en couleur, vivants, vibrants, bousculés, chamboulés mais debout.

Tobie Nathan : « Paula Jacques, ses livres sont beaux, sa langue est belle qui restitue les accents d'Égypte, ses personnages ont une humanité sauvage, une sensualité de tous les instants, fantasques et vrais. Paula Jacques, lumière de nos yeux devenus aveugles. »

Journaliste ou écrivain ?

C'est Jacques Chancel qui lui pose la question dans la « Radioscopie » qu'il lui consacre en 1980.

Écrivain, de toute façon. Journaliste encore. Toujours.

Cosmopolitaine

C’est en 1999 que Paula prend les commandes de « Cosmopolitaine. », un magazine culturel qui chaque dimanche fait la part belle aux artistes étrangers. En 2008, Martine Lecoeur écrivait dans Télérama : « Ses interlocuteurs deviennent ses hôtes. Les invités de son émission Cosmopolitaine, ‘’grandes pointures’’ ou nouveaux venus de la littérature et du cinéma, parlent dans leur langue, oubliant vite qu'ils sont en tournée promotionnelle. Ils trouvent en face d'eux une cinéphile de toujours, une passionnée de livres. »

Envers du décor

Paula c'est une voix, une plume, mais c'est aussi des vestes panthère, des santiags, des rouges à lèvres carmin. L'art de faire entrer la vie quand elle pousse les portes d'une pièce. Une façon de scander ses mots en faisant voler ses boucles blondes. C'est l'intelligence, la fougue, la curiosité et la vie. Et c'est aussi un chien qui trottine à ses côtés, jamais ou rarement tenu en laisse.

Il y eut Céline, puis Solal…. La littérature n’est jamais loin avec Paula !

Dimanche 26 juin, à 14h, Paula  ouvrira pour la dernière fois les portes de Cosmopolitaine. Soyez à l'écoute !

►►► ALLER PLUS LOIN :

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.