Au festival de BD à Bastia, une exposition "Portrait de femmes" montre les planches originales de California Dreamin , la dernière bande dessinée de Pénélope Bagieu (Gallimard) . Elle est arrivée de New York pour raconter au public corse la génèse de cette histoire et ses secrets de fabrication (dessin au crayon et non à la palette graphique contrairement à ses habitudes).

A cette occasion pour France Inter elle a dessiné un poisson d'avril, qui est en fait une sirène. C'est tout à fait logique pour cette auteure qui n'a jamais caché un engagement féministe et qui est en train de composer son futur opus Les Culottées.

Le poisson d'avril de Pénélope Bagieu
Le poisson d'avril de Pénélope Bagieu © Pénélope Bagieu

BD à Bastia, tout le monde dit que c'est le festival le plus agréable, pourquoi ?

C'est vrai, parce que c'est à Bastia et au printemps et parce que ça casse la structure table de dédicaces avec des horaires précis pour les signatures. On peut flâner et on croise nos lecteurs au café, tranquillement. Cela n'empêche pas de signer et ça donne très envie d'échanger avec les lecteurs.

Audrey Azoulay a choisi Jacques Renard comme médiateur pour voir tous les participants du festival d'Angoulême et décider de son avenir. Est-ce une bonne nouvelle ?

Quand les auteurs alertent les autorités, tout le monde s'en fout, mais quand les éditeurs font une demande de ce genre on les écoute. C'est très bien effectivement qu'il se passe quelque chose à ce niveau, pour Angoulême.

Comment est né le projet Les Culottées , qui sortiront en 2 tomes à partir de septembre 2016?

Je lis beaucoup de biographies, et j'ai envie de transmettre ces portraits de gens qui me fascinent. Ce sont souvent des personnes qui s'opposent à l'adversité en refusant un destin pré-écrit, et ce sont souvent des femmes.

J'ai envie d''attirer l'attention sur des femmes appartenant à la petite histoire mais qui sont très audiacieuses à leur petite échelle. Leymah Gbowe par exemple, j'ai lu son autobiographie écrite avant qu'elle n'obtienne le prix Nobel. Elle a un parcours, qui part de l'intime, d'une vie de souffrances, dans un contexte de guerre civile, et elle surmonte ses problèmes de femmes en réglant les problèmes de son pays. Leymah dique que les femmes en s'unissant peuvent régler de grands problèmes; en Afrique elles sont un outil de paix insoupçonné.

Quand j'écris ces histoires, il y a toujours un moment où j'écris, "et un beau jour elle décide que .... ". Elles en ont en marre, et elles disent ça suffit. Cela me fait frissonner d'exaltation.

Les déculottées - sur le blog Pénélope Bagieu/ Le Monde
Les déculottées - sur le blog Pénélope Bagieu/ Le Monde © Radio France
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