Le compositeur s'est éteint à Paris à l'âge de 89 ans. Il était connu pour des morceaux comme "Messe pour le temps présent" ou "Variations pour une porte et un soupir".

Pierre Henry n’a pas encore livré tous ses secrets !
Pierre Henry n’a pas encore livré tous ses secrets ! © Radio France / Lea Crespi

Quand on entrait chez Pierre Henry, c'était comme entrer dans l'antre d'un inventeur génial. Les sons qui sortaient de sa console de travail déroutaient autant que leur rythme. Les tableaux-objets qu'il réalisait lui-même rappelaient à quel point le son était pour lui une matière comme le marbre ou l'argile pour le sculpteur. Henry a inventé la musique électronique avant la diffusion des synthétiseurs.

Il a commencé à travailler avec Pierre Schaeffer en 1946 pour les studios de la Radiodiffusion-télévision française (RTF), avant de créer le premier studio d'enregistrement indépendant en France en 1959. Avec la pianiste et compositrice Eliane Radigue, qui était alors son assistante, ils ont testé là la musique des nouvelles machines, travaillé le feed-back ou les larsen.

En pleine période Nouveaux Réalistes en France, Pierre henry travaille les sons, en les mettant au rang des objets, comme dans le concert qu'il donne dans l'église Saint-Julien-le-pauvre, avec Variation pour une porte et un soupir.

"Je rêve à des sons et des structures secrètes que je retrouve en écoutant « Continuo » qui est une œuvre du futur avec des rythmes de danse. Elle est ouverte. On y trouve ce que l’on veut. ", disait-il lors de la sortie de son dernier album en 2016 dans le cadre d'un hommage de la Philarmonie de Paris.

Toute sa vie il aura fait du bruit de la vie, des sons de la nature ou des usines, les notes de ses partitions. Il orchestrait les sons comme d''autres dirigent un ensemble symphonique.

Un compositeur pour le renouveau artistique

Sa pièce Messe pour le temps présent avait été créée pourle Festival d'Avignon, sur une chorégraphie de Maurice Béjart .

La collaboration intense avec Maurice Béjart avait commencé en 1949 par Symphonie pour un homme seul (avec Pierre Schaeffer) et avec Orphée (1951-53), opéra expérimental, La reine verte, et Haut voltage : une dizaine d'années qui ont accompagné un renouveau artistique touchant toutes les disciplines.

Symphonie pour un homme seul est considérée comme une oeuvre fondatrice pour la musique concrète.Aujourd'hui le monde de l'électro considère son travail, comme-celui d'Eliane Radigue, comme fondateur. Or Pierre Henry n'a jamais cessé de tester, expérimenter et d'inventer de nouvelles formes sonores.

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