Mondialement connu pour sa participation au quartet de John Coltrane, le pianiste de jazz McCoy Tyner est décédé vendredi. "Il a inventé quelque chose d'unique que personne ne pouvait imiter", témoigne Alain Manoukian, pianiste et chroniqueur sur France Inter.

McCoy Tyner, ici en 2009, sur la scène du Nice's Jazz Festival.
McCoy Tyner, ici en 2009, sur la scène du Nice's Jazz Festival. © AFP / Valerie Hache

Il était le dernier musicien vivant du quartette historique des années 1960, mené par le saxophoniste John Coltrane (mort en 1967), le contrebassiste Jimmy Garrison et le batteur Elvin Jones, soulignait Le Monde, en 2008. McCoy Tyner, un "monument", du jazz, du piano. 

Comptant parmi les plus influents pianistes de Jazz, dans la lignée de Herbie Hancock, Bill Evans ou Chick Corea, McCoy Tyner est considéré comme ayant façonné la trajectoire du piano jazz moderne. Né à Philadelphie en 1938, il est décédé vendredi, à l'âge de 81 ans. "McCoy était un musicien inspiré qui a consacré sa vie à son art, sa famille et sa spiritualité" a indiqué sa famille sur Instagram sans préciser les causes de sa mort. 

Avec Coltrane, "ils étaient dans la même lignée"

"Nous avons perdu un titan", a tweeté l'emblématique label de jazz Blue Note Records. "Dès les premiers accords, on le reconnaissait", acquiesce André Manoukian, pianiste et chroniqueur sur France Inter. Il souligne notamment le lien avec John Coltrane, fait d'une "soif d'absolu", "d'une rigueur et d'une intégrité" partagée, "avec un côté presque janséniste dans leur manière de faire, coupée du monde et de ses distraction pour aller dans ce que la musique avait de plus spirituelle". 

"Quand Coltrane le découvre, ils sont dans la même lignée : celle de la musique du futur, des gammes pentatoniques, nouvelles au piano", poursuit-il. "Des quartes, des quintes, loin des accords traditionnels du bebop... Il a inventé un style, un nouveau jeu inimitable puisqu'il est tellement identifié que personne ne peut aujourd'hui l'imiter sans qu'on se dise 'tiens il fait du McCoy'", ajoute encore André Manoukian. 

"Certaines personnes ouvrent des voies uniques que plus personne derrière ne peut emprunter"

"Dès les premiers accords, on le reconnait. C'est un piano très puissant, appuyé sur de grosses basses sur lesquelles il plaque des accords, il descends cette gamme assez unique, qu'il est allé cherché, qu'il a affiné avec Coltrane", décrit André Manoukian qui avoue ne l'avoir jamais vu sur scène mais le connaître par cœur tant il a "pratiqué" son oeuvre. McCoy Tyner s'était souvent produit dans les festivals de jazz français et notamment ceux de Nice ou de Juan-les-Pins. 

"C'est une musique d'élévation qui vous saisit, on ne peut pas écouter ça de manière anodine en buvant un cocktail", conclut le pianiste. 

De Coltrane à sa carrière solo, la playlist McCoy Tyner

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.