Jamais vu, jamais lu ça. Sur la page d'"Esprit critique", des témoignages, des cris d'amour pour lui, l'intellectuel Alain Finkielkraut . "Je voudrais être un livre pour qu'il me tienne entre ses mains", lance même une auditrice . Mais qu'a dit ou fait ce Mick Jagger de la philosophie pour susciter un tel désir ? Le pouvoir des mots, sans doute, de l'éloquence, mais aussi le timbre grave de sa voix .Alain Finkielkraut irrite souvent par un certain conservatisme, un dégoût de son époque . Mais il est vrai qu'il n'est pas dénué d'humour et d'un certain sens de l'autocritique . Sa bibliothèque diffusée vendredi le prouve . Le philosophe éprouve un regret : il ne sait pas contempler . En déambulant dans une ville, il ne peut laisser courir son regard, rattrapé qu'il est par la conceptualisation de tout ce qu'il voit. Un être empêché, bloqué sur le plan émotif . Heureusement, la poésie le libère, un peu . Celle d'Aragon, de Baudelaire, de Verlaine ou même les haïkus qu'il savoure depuis que son professeur Roland Barthes les lui a fait goûter . En attendant, lisez son dernier opus, "Un coeur intelligent", sur la vertu du roman, la force nourrissante de la littérature .Il vient de paraître chez Stock/Flammarion .

Alain Finkielkraut
Alain Finkielkraut © Radio France
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