Connu pour ses photos antireligieuses ou ses photos "trash" sur la torture, le photographe présente sa vision des Etats-Unis à la Maison de la Photographie, à Paris.

Trois des photos présentées dans l'exposition à la Maison européenne de la Photographie
Trois des photos présentées dans l'exposition à la Maison européenne de la Photographie © Andres Serrano

Torture, mort, religion... le photographe Andres Serrano est connu pour ses oeuvres trash et polémiques. L'exposition qu'il présente depuis mercredi à la Maison européenne de la Photographie, à Paris, est moins polémique, mais sans tabous.

Icônes américaines

L'artiste à la réputation sulfureuse y montre sa vision des Etats-Unis, des SDF aux Ku Kux Klan en passant par... Donald Trump : l'exposition s'ouvre sur une galerie de portraits intitulée "America", inspirée par les attentats du 11 septembre 2001. Entre une mini-miss et un rappeur Snoop Dogg, figure le nouveau président américain.

Andres Serrano est l'un des premiers à avoir vu le potentiel de l'homme d'affaires. Dès 2004, il l'avait choisi pour cette série de portraits sur les nouveaux visages de l'Amérique. Montré en gros plan et sans moquerie, Donald Trump a un regard défiant, assez proche de l'homme qui a mené campagne pour la présidentielle.

Symbole

Le photographe a vécu la victoire de Donald Trump depuis sa chambre d'hôtel à Paris. Lui qui n'a voté que deux fois dans sa vie, en 2008 et 2012 pour Barack Obama, se dit surpris mais pas choqué : "Je pense que si Donald Trump a été élu, c'est parce qu'il représente le ras-le-bol de tout un tas de gens qui se sentent dépossédés de leur pouvoir, qui n'ont plus d'argent et plus de travail. Tout ça je l'avais vu arriver".

"Je l'avais choisi à l'époque pour incarner le rêve américain dans mon projet. Cette photo de lui fait plus que jamais office de symbole". (Andres Serrano)

Les SDF à l'honneur

Pour ne pas se méprendre, il faut poursuivre son parcours dans l'exposition : après cette série de portrait arrive une autre, consacrée au Ku Kux Klan, et une dernière, où l'artiste s'est intéressé aux SDF new-yorkais.

Celui qui avait choqué Avignon il y a cinq ans avec la photo d'un crucifix se défend cette fois-ci de vouloir créer la polémique. Son objectif : apporter avec cette exposition sa contribution au débat sur l'identité américaine.

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