Images Singulières
Images Singulières © Radio France

C’est un festival modeste dont vous tombez amoureux. Pourquoi ?

Ce n’est pas le règne de l’argent (« Images Singulières » coûte un trentième du budget des Rencontres d’Arles), du coup, l’état d’esprit est convivial, sans compétition, avec une démarche artisanale : les tirages ne coûtent rien aux photographes puisqu’ils sont réalisés par le festival. Les images sont accrochées simplement sur des murs, sans cadre, avec un côté brut. Les expos sont gratuites, c’est rare, les lieux sont beaux, il fait beau et la programmation est de très haut niveau. Il s’agit de photo documentaire.

Des photographes internationaux ont été choisis pour leurs travaux sur la société en France ou à l’étranger. Ils ont passé du temps à un endroit donné et livrent un point de vue, un regard et non pas des photos d’actualité prises dans le feu de l’action. C'est ce que privilégie le photographe Gilles Favier, directeur artistique de la manifestation.

Que citer ? Cet espace consacré au travail des femmes. Valérie Couteron a photographié les caissières d’Auchan, à Puteau. Vous n’oubliez pas leur regard. L’espagnol Txema Slavans montre de grands espaces vides, glauques. Des parkings déserts, des ronds-points, des décharges, les tirages sont assez grands… Et, sur un coin de la photo, vous distinguez une présence humaine. Vous vous approchez et découvrez une femme, une prostituée. Elles qui sont marginales sont montrés dans des lieux marginaux que l’on ne regarde jamais comme ça. C’est très troublant.

L’Egypte, les femmes au travail, une famille pauvre en Angleterre suivie jour après jour, le regard de Richard Dumas sur la ville de Sète... Gratuitement, encore une fois, vous découvrez le monde par les yeux d’auteurs et par de nouvelles écritures. Des auteurs accessibles, ils sont là, au milieu du public qui s’adresse à eux.

Les visiteurs ne sont pas seulement des spécialistes de la photo, on croise beaucoup de Sétois et d’habitants de la région. Preuve qu’à Sète, l’art est accessible à tous. Ici, on est facilement bénévole. On accroche ensemble, on partage son savoir-faire pour faire le temps du festival, une nouvelle ville. Jean Vilar y reconnaîtrait les siens.Si vous aimez tant ce qui se dégage d'"Images Singulières", c’est que vous respirez, à chaque coin de rue, cette idée que la culture se partage et peut être facilement une fenêtre sur le monde.

Images Singulières, à Sète, jusqu’au 15 juin. Brigitte Patient en parle dans "Regardez voir", samedi 7 juin, à 23h 15.

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