Cette semaine, zoom sur une photo de vacances. Mais pas n’importe laquelle : elle semble tout droit prise du bureau de Dieu. En vrai, elle a été réalisée par Laurent Esposito, photographe amateur, au sommet du dôme de la basilique Saint-Pierre au Vatican.

La Ville Eternelle vue du Ciel
La Ville Eternelle vue du Ciel © Laurent Esposito

Ce genre de photo, on ne l’observe pas : on la médite. Son auteur, a décidé de la baptiser La Ville Éternelle vue du Ciel . La Ville Éternelle est le surnom que l’on donne à Rome . Il explique :

Je trouve cocasse d’avoir réussi à embrasser une grande partie du panorama de la Rome historique depuis le point le plus haut du Vatican, à savoir la coupole de la basilique Saint-Pierre qui tutoie les cieux. Le fisheye monté sur mon boîtier permet d'accentuer le côté grandiose de la scène avec cette plongée vertigineuse vers la Place Saint-Pierre, tout en laissant une large place au soleil de ce petit matin printanier et au ciel parsemé de nuages à l'arrière-plan.

Professionnel de l’image, Laurent Esposito est un ancien journaliste TV, reconverti dans l’entreprenariat des médias numériques. Photographe ? Oui, amateur . Il était à Rome pour les vacances, avec sa fille adolescente. Quelques jours avant que cette photographie ne soit prise, Laurent avait passé plus de trois heures dans la file d’attente pour le Musée du Vatican. « Épuisant ! Cela ôte une partie du plaisir et de la réceptivité à la beauté de l’art quand l’on arrive enfin dans la chapelle Sixtine…»

Le souffle coupé

Le jour J, accompagné de sa fille, il prend donc ses précautions : levé à l’aube, arrivé sur place à 7h30. Le temps de passer les contrôles et d’acheter les billets, il arrive à l'ouverture : «Tout en bas dans la basilique, les croyants en pleine prière paraissent minuscules et le dôme au-dessus de nous est majestueux. On s'approche déjà du sacré, mais le divin se mérite... par l'effort. Il va falloir gravir un escalier étroit, composé de 320 marches, caché dans l'architecture de la coupole.En arrivant en haut du dôme, on a le souffle coupé... au sens propre comme au figuré ! »

Laurent compare cette expérience à l’ascension d’un sommet en montagne.

Sur les derniers mètres de montée, dans la pénombre à l'intérieur du dôme, on ne regarde plus que ses pieds pour éviter la chute et on ménage sa respiration. Puis, soudain, on touche au but, on atteint enfin le point culminant. On franchit la dernière porte au sommet de la coupole. Alléluia, l'horizon s'ouvre à nous ! En débarquant en pleine lumière sur la couronne aménagée autour du dôme de la basilique, on se sent pousser des ailes. Sur 360 degrés, on survole littéralement Rome et ses environs, jusqu'aux sommets enneigés des Alpes que l'on peut apercevoir au loin.

Coups de cannes à selfie… dans les cieux romains

Réflexe professionnel, Laurent sent qu’il faut faire vite pour prendre ses photos… avant que la horde de touristes n’envahisse la plateforme. En moins de cinq minutes, il utilise tour à tour trois optiques différentes pour varier ses valeurs de plan : du panorama à 180 degrés au fisheye jusqu'aux plans plus détaillés de la place Saint-Pierre ou de Rome avec une focale de 200mm. Chaque déclenchement de son obturateur s'accompagne d'un "Wahouuu !" : « J'étais comblé à plus d'un titre : profiter d'une vue exceptionnelle dans des conditions privilégiées de tranquillité, fixer à jamais certains instants magiques avec mon appareil photo pour transmettre à d'autres mes émotions, et enfin partager ce moment hors-du-temps, entre ciel et terre, avec ma fille. » Mais très vite, leur poste d'observation en haut de la coupole de la basilique Saint-Pierre se remplit.

En quelques minutes, nous sommes passés d'une poignée d'individus pacifiques en état de béatitude totale, à une invasion de touristes excités par le point de vue et désireux d'immortaliser leur passage au plus haut des cieux romains par des selfies. Lorsque les coups de canne à selfie se sont multipliés, nous avons basculé brutalement du Paradis à l'Enfer.

Laurent préfère alors battre en retraite pour retrouver le calme du parterre de la basilique, et tenter de fixer d'autres moments de grâce dans ce lieu sacré. Résultat ? Des photos à dimension plus humaine : la nef dorée de la basilique et le dôme en contre-plongée, un garde suisse impassible avec sa lance, une poignée de bonnes sœurs - de toutes origines ethniques - en train de prendre un en-cas place Saint-Pierre et qui éclatent de rire quand elles le voient les immortaliser avec son boîtier...

►►► [ Documentaire ] A quoi ça sert une bonne sœur ?

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.