Le travail photographique réalisé sur près de dix ans de Guillaume Lavit d'Hautefort illustrent le livre Parler des camps au XXIe siècle ( aux éditions Guy Trédaniel), écrit par le linguiste et lexicographe Alain Rey. En images et à travers les mots, cette réflexion aboutie revient aux origines de la migration et du phénomène "d'encampement".

Les photographies ont été réalisées, entre autres, sur les camps de Chatila et Burj El-Barajneh , au Liban , qui abritent près de 20 000 habitants et s’étalent sur près d’un kilomètre carré. Depuis la guerre en Syrie, les camps ne cessent de se développer. Ainsi, au Liban seulement, vivent près de 500 000 Palestiniens et près de 1,3 millions de réfugiés syriens.

Au Tchad , la population fuit la guerre civile centrafricaine, la guerre du Darfour mais aussi les catastrophes naturelles (sécheresse et inondations). En 2010, on comptait près de 17 000 personnes au camp de Gouroukoun ; 1350 familles ont été recensées en 2014 au camp de Zafaï ; environ 19 000 « retournés » se sont installés dans un camp de fortune à Sido .

En France , un camp de migrants ouvre à Sangatte, près de Calais , en 1999, principalement pour des personnes fuyant la guerre du Kosovo. C’est un lieu de transit, en attendant de passer en Angleterre. Le centre est fermé en 2002, par Nicolas Sarkozy. Depuis, des migrants s’installent de manière clandestine, en communauté, dans une zone rebaptisée « la jungle de Calais ». Ces camps sauvages sont régulièrement démantelés depuis… puis reconstruits, sur les restes du démantèlement.

Dans son introduction, avant d’expliquer les différentes origines et définitions de mots « déplacés », « migrants », « réfugiés », « exilés »… Alain Rey , décrit le contexte des camps :

Le phénomène nouveau et massif que représente ce mot au XXIe siècle concerne l’humanité entière parce qu’il illustre la violence de l’histoire et l’injustice fondamentale des situations. Deux mots, deux notions résument ce drame : ce sont catastrophe , qui semble mettre en cause la nature, et guerre , qui accuse clairement le mal en l’être humain, la prise en charge par les grandes institutions collectives, des clans aux empires, d’intérêts affrontés, de désordres et de tueries.

Légende des images du diaporama :

[ 1, 2, 5, 6 ] Famille retournée de Centrafrique. Camp de Sido, Tchad, juin 2014.

[ 3, 4 ] Une mère retournée de Centrafrique avec sa fille et sa petite-fille sous leur abri. Camp de Sido, Tchad, juin 2014.

[ 7 ] « Pause café » autour du feu sous un abri de bâches. Calais, décembre 2014.

[ 8 ] Depuis leur tente, deux Afghans essaient de joindre par téléphone leur famille, qui les attend en Angleterre. Calais, décembre 2012.

[ 9 ] En chemin. Calais, France, décembre 2014.

[ 10, 11, 12, 13 ] Toilette d’un Afghan, dans le Watergang du sud, face à l’usine chimique « Tioxide ». Calais, France, décembre 2014.

[ 14, 15 ] Traversée de l’autoroute. Calais, France, janvier 2013.

[ 16 ] Des Afghans guettent le « blocus » de camions, protégé par des CRS. Calais, France, décembre 2014.

[ 17, 18 ] Un jeune réfugié syrien traumatisé par la guerre. Beaucoup ne parlent plus ou sont effrayés par le moindre bruit. Minieh, nord du Liban, 2013.

[ 19, 20 ] Toits. Camp de Chatila, Liban, mai 2015.

[ 21 ] Camp « Tioxide ». Calais, France, décembre 2014.

[ 22, 23, 24 ] Calais, France, janvier 2013 ; décembre 2014.

[ 25 ] Basket sans ballon. Camp de Zafaï, Tchad, juin 2014

[ 26, 27, 28 ] Jeunes filles aux glaces. Camp de Chatila, Liban, mai 2015.

[ 29, 30, 31, 32 ] Par manque de soins et faute de moyens, une femme risque de se faire amputer d’une jambe, suite à un accident du travail. Son fils est seul pour s’occuper d’elle. Région de Zahlé, plaine de a Bekaa, Liban, mai 2015.

[ 33 ] Une jeune fille a fui les combats de Homs, en Syrie, avec sa famille. Ils se sont réfugiés dans le quartier de Gourhaba, à portée de tirs de snipers du quartier de Jabal-Mohsen, favorable au régime de Bachar el-Assad. Tripoli, Liban.

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