Après l'Opéra, le photographe Gérard Uféras se tourne, dans les années 2000, vers l’univers de la mode. Son rêve ? Se faufiler dans les coulisses d’un défilé de Jean-Paul Gaultier, un événement dont on peut être sûr qu’il ne manquera pas de fantaisie…

Après un long périple à travers l’Europe dans les coulisses des théâtres d’Opéra, le photographe Gérard Uféras souhaite se tourner, en 1998, vers l’univers de la mode : «Mon rêve était de travailler dans les coulisses des défilés de Jean-Paul Gaultier. J’adorais son univers ! Plein de liberté, de créativité, il ne se souciait pas trop des codes… Il était dans la mode mais aussi beaucoup dans la musique, avec Madonna par exemple. C’était une sorte de trublion, » raconte Gérard Uféras.

Tout le monde se bouscule pour travailler dans les défilés de Gaultier. A cette époque, il subsistait encore de grandes maisons comme Christian Lacroix : « C’était encore une époque où les défilés pouvaient se passer n’importe où : dans une piscine, etc. Les gens étaient très curieux de connaître des lieux extraordinaires pour les défilés, » continue le photographe.

Premier rendez-vous raté

Gérard Uféras travaillait pour Libération . Il a, à un moment donné, la possibilité de faire des photos d’un des défilés du créateur. Sauf que, manque de chance, il y a une grève chez les photographes , mécontents du peu de place qu’on donnait aux photographes de podium : «Il n’y a eu aucune photo de son défilé. Avec le cœur gros, je me suis senti solidaire des autres photographes et je n’y suis pas allé. » Heureusement, Gérard saisira plus tard d’autres occasions et arrivera enfin à se faire accréditer à un défilé de Jean-Paul Gaultier.

Dans les coulisses d'un défilé de Jean-Paul Gaultier, Paris, octobre 2012.
Dans les coulisses d'un défilé de Jean-Paul Gaultier, Paris, octobre 2012. © Gérard Uféras

Cette photo a été prise dans l’escalier qui relie les coulisses au podium. C’est toujours une lutte pour arriver à s’incruster dans les coulisses. Quand le défilé commence, il y a une sorte de tension qui s’installe et on a tendance à mettre tous les photographes dehors. Un des sports du photographe qui veut shooter les coulisses de Jean-Paul Gaultier, c’est justement d’arriver à y rester !

Ici, il y a très peu de lumière, raison pour laquelle cette photo a été faite au flash. Nous sommes électrisés car nous sentons que le défilé a commencé juste à côté. Tout le monde monte, peu à peu… L'ambiance ? Festive, arrosée au champagne, joyeuse ! Les mannequins sont toujours très contentes d’y défiler car tout le monde sait que ça va être un événement particulier, qu’il va y avoir de la fantaisie.

►►►Replongez dans notre dossier spécial «Jean-Paul Gaultier fait son cinéma », réalisé par Anne Douhaire, à l'occasion de son exposition-rétrospective, présentée bientôt au Grand Palais du 1er avril au 1er août 2015

« Chez certaines maisons, les photographes sont mal considérés »

Si Jean-Paul Gaultier est très attentif aux personnes avec lesquelles il travaille, Gérard Uféras souligne, cependant, que d’autres maisons de haute-couture n’ont pas le même tact avec les photographes. « Parfois, dans certains défilés, on est assez mal considérés. Quelque chose s’est mis en place depuis quelques années : on met les photographes derrière une barrière. Vous êtes dans les coulisses mais vous n’avez pas le droit de faire ce que vous voulez. Aujourd’hui, il y a tellement de journaux qui veulent être en coulisses des défilés, tellement de photographes, que les maisons ont tendance à les parquer derrière des cordons… C’est assez humiliant. On a l’impression de ne pas du tout être considérés. »

►►► Réécoutez «__ Jean-Paul Gaultier, sous toutes les coutures », chez Daphné Roulié

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