« Piaf croit en la vertu consolante de l'amour et en cette année où elle vient de perdre son grand amour Marcel Cerdan, elle demande à un homme de l'aider à faire son deuil. Au fil de mots simples et justes se révèle une Edith attentive jusqu'à en être maternelle parlant, inquiète, des petites maladies des enfants du boxeur disparu, de la santé de sa propre sœur ou de la fille de son amant. Encourageante parce que courageuse elle-même dans sa carrière qu'elle mène à l'arrachée, elle donne des conseils à Tony, conseils pour le travail, conseils pour l'amour. Et en ce domaine si elle se montre si sensuelle et libre de son corps, elle se déclare éprise de la beauté des âmes et inspirée d'un amour qui donne des ailes pour s'élever au-delà des médiocrités du quotidien. Jamais on a eu tel accès à une Piaf aussi familière, une Piaf racontée par elle-même, sans roman ni légende, grâce au regard et à la voix inspirés de Clotilde Courau qui porte ce spectacle comme une véritable urgence, cultivant plus d'un point commun avec la chanteuse au nom d'oiseau. Sans doute son talent de comédienne de cinéma et son sens musical, souligné ici par un accordéoniste, la rendent-ils experte en matière de lumière et de grain de voix. Clotilde Courau fait ainsi vibrer en elle une autre voix, celle d'une femme qui sut faire se côtoyer sa liberté de femme et la petite croix qu'elle portait au cou, la joie de vivre et le noir de sa célèbre petite robe de scène. »Serge Hureau

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