Sept œuvres d'artistes d'origine musulmane ont été installées sur les cimaises du MoMA, à New York. Tour d'horizon de la riposte des milieux culturels au président américain.

Une œuvre de l'artiste iranien Shirana Shahbazi exposée au MoMa de New York
Une œuvre de l'artiste iranien Shirana Shahbazi exposée au MoMa de New York © Maxppp / Johannes Schmitt-Tegge/dpa/picture-alliance

Au musée

Au MoMa, à New York, les œuvres à succès, ne sont plus visibles. En lieu et place des Picasso, Matisse ou Picabia, notamment, les visiteurs peuvent découvrir des pièces de l'architecte Zaha Hadid, d'origine irakienne, ou bien de l'Iranien Siah Armajani. Sur le côté, contre le mur, des cartels précisent :

Cette œuvre est celle d'un artistes originaire d'un pays dont les ressortissants sont interdits d'entrée aux États-Unis, d'après le décret présidentiel du 27 janvier 2017.

Une réaction aux prises de positions de Donald Trump en matière d'immigration, qui vient s'ajouter à d'autres manifestations de mécontentement des milieux culturels américains.

Elle n'est pas exposée au MoMa mais l'artiste afro-américaine Sylvia Maier s'exprimait sur son compte Instagram pour dire : "Rester silencieux revient à tolérer la haine."

Le site de Sylvia Maier http://sylviamaier.com/
Le site de Sylvia Maier http://sylviamaier.com/ / Sylvia Maier

À l'écran

Plusieurs stars de cinéma ont profité de leur passage sur la scène des Golden Globes pour dire tout le mal qu'elles pensaient de la politique de Donald Trump. la comédienne Meryl Streep, qui a pointé la violence et l'intolérance des déclarations du président élu, a été particulièrement remarquée.

A la veille de l'intronisation du nouveau président, dans le cadre d'une manifestation à l'initiative du réalisateur Michael Moore à New York, plusieurs personnalités ont pris la parole, dont Robert de Niro.

Le président élu a dit que notre pays était une décharge pour le monde entier. Vraiment ?

En musique

Le rappeur américain Eminem ne ménage pas ses mots. Dans un morceau enregistré pour le nouvel album de Big Shean, "Slim Shady" promet clairement les pires violences à la commentatrice ultraconservatrice Ann Coulter et dénonce le racisme de Donald Trump. En octobre, déjà, il slammait autour d'un discours de campagne.

La pop star Lady Gaga, elle, a saisi l'occasion du Super Bowl pour passer un message aux 110 millions de téléspectateurs de l'événement : pour le concert final de la compétition sportive la plus suivie aux États-Unis, elle a choisi de chanter Born This Way, "née comme ça", un hymne à la différence.

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Dans la rue

Dès l'été dernier, bien avant l'élection du président américain, les street-artistes écrivaient/dessinaient en grand leurs inquiétudes. Pour Hanksy, dans son projet de peinture murale Dump Trump ("virer Trump"), Donald Trump passait pour une possible plaisanterie, un soufflet qui pourrait retomber.

De son côté, Plastic Jesus entourait l'étoile de Donald Trump sur Hollywood Boulevard, à Los Angeles, d'une clôture et de fils barbelés, en écho à la volonté affirmée du nouveau président de compléter le mur-frontière entre les États-Unis et le Mexique.

Shepard Fairey, le street-artiste dont le portrait de Barack Obama a fait le tour du monde, a manifesté son hostilité à la politique du nouveau président américain et à ses prises de positions contre les femmes. Il a dessiné trois affiches mettant en scène des femmes issues de communautés mexicaines, musulmanes et afro-américaines.

Une partie des gains collectés lors de la vente d'une statue de Trump nu, œuvre d'un collectif, a été versée à une association d'immigrés. Le collectif d'artistes anonymes californien Indecline avait dévoilé la statue, accompagnée d'une mention gravée "L'empereur n'a pas de couilles", sur Hollywood Boulevard à la mi-août.

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