C’est le choc cinéma de ce début d’année. “Pieces of a Woman”, sur Netflix, raconte l'histoire bouleversante d’un couple qui perd son enfant à la naissance. Le nouveau film du réalisateur hongrois Kornél Mundruczo est d'une intensité et d’une émotion rares.

Vanessa Kirby et Shia LaBeouf dans "Pieces of a Woman" de Kornel Mundruczo
Vanessa Kirby et Shia LaBeouf dans "Pieces of a Woman" de Kornel Mundruczo © Netflix/Benjamin Loeb

Cet habitué du festival de Cannes nous avait séduit déjà avec ses deux derniers films “White Dog” en 2014 et la "Lune de Jupiter" il y a trois ans. Il nous prouve, une fois de plus, qu’il est un grand cinéaste. Il évoque ici un sujet fort pour un film important.  

Rarement les thèmes du traumatisme et de la perte d’un enfant auront été abordés de manière aussi frontale au cinéma, à part peut-être chez Lars Von Trier avec son film “Antéchrist”, qui avait valu à Charlotte Gainsbourg un prix d’interprétation au festival de Cannes.  

Dix ans plus tard, et pour son premier grand rôle au cinéma, c'est la comédienne Vanessa Kirby, révélée par la série “The Crown” sur Netflix qui lui emboite le pas, criante de douleur et de réalisme dans ce film qui bouscule. 

Son atout majeur réside dans une scène introductive à couper le souffle, filmée d’une traite. Ce long plan séquence dure 25 minutes et se focalise autour d’un accouchement qui tourne mal.  

Une tragédie filmée par un virtuose

Impossible de rester de marbre face à la tragédie que devra affronter le personnage de Martha et son compagnon, Sean, joué par Shia LaBoeuf. 

Filmé à la manière d’instantanés polaroïd sur plusieurs mois, le film retrace bien sûr les grandes étapes du deuil, mais aussi tout le travail de reconstruction des personnages, engagés chacun dans des démarches très différentes. Le désarroi, la colère ou la recherche d’un responsable, chacun aura ici sa manière d'essayer de dépasser le drame. 

C'est l’un des grands chocs de cinéma de ce début d’année par un réalisateur virtuose qui maitrise la puissance du hors champ et connait aussi très bien son sujet. L’histoire est inspirée de l’expérience personnelle de Kornél Mundruczo avec sa compagne la scénariste Kata  Weber. 

Il y a deux ans, il en avait tiré une pièce de théâtre. Aujourd'hui c’est Martin Scorsese qui produit leur film.