Vous ne jouez pas mais vous aimeriez vous y mettre avec l'arrivée des deux nouveaux modèles ? Vous êtes un joueur occasionnel qui ne sait pas ce qu'est un "teraflop" ? Vos enfants veulent l'une des deux consoles et vous voulez savoir à quoi ça ressemblera dans le salon ? Notre test comparé est fait pour vous.

Les deux consoles de jeux vidéo de Sony et Microsoft sortent presque simultanément (le 10 novembre pour la Xbox, le 19 pour la PlayStation)
Les deux consoles de jeux vidéo de Sony et Microsoft sortent presque simultanément (le 10 novembre pour la Xbox, le 19 pour la PlayStation) © Radio France / Olivier Bénis

La première, la Xbox Series, est sortie le 10 novembre en France. La seconde, la PlayStation 5, se fera attendre encore un peu, avec une sortie le 19 novembre. Les deux promettent de vous faire entrer dans la "nouvelle génération" de jeux vidéo. Mais pour quel modèle faut-il craquer (et faire craquer son portefeuille, avec des prix pouvant aller jusqu'à 500 euros) ? Notre avis pour vous aider à déterminer laquelle est faite pour vous.

Déjà, pourquoi y a-t-il autant de noms différents ?

Il faut reconnaître que cette nouvelle génération ne simplifie pas les choses. Chez Sony, la cinquième PlayStation s'appelle logiquement "PlayStation 5". On se gratte un peu plus la tête chez Microsoft, qui remplace sa "Xbox One" (succédant elle-même à la "Xbox 360") par une "Xbox Series".

Chez Sony, la PlayStation 5 existe en deux modèles : le principal coûte 499 euros, la version "Digital Edition" 399 euros ((la même machine, sans lecteur de disques). Chez Microsoft, on a aussi deux modèles de Xbox Series : la version X à 499 euros, et la version S à 299 euros (machine un peu moins puissante et sans lecteur de disques). Des prix élevés, certes, mais finalement dans la moyenne des machines précédentes.

Le choix revient donc à déterminer l'importance de la présence ou non d'un lecteur Blu-Ray sur votre console, par rapport à l'économie que cela représente. Sachez que sans lecteur, pas de lecture possible de vos Blu-Ray vidéo (un défaut compensé par l'accès à de nombreux services de VOD), ni de jeux sur support disque (donc pas d'achat possible de jeux d'occasion, par exemple).

Pour ce comparatif, nous avons réalisé nos tests sur les versions "supérieures" des deux consoles (mises à disposition de notre rédaction par leurs constructeurs).

Concrètement, ça ressemble à quoi ?

Le constat le plus flagrant, une fois les consoles déballées, c'est la place qu'elles prennent : 30cm de haut pour la Xbox Series X, 40cm (!) pour la PlayStation 5. Soit un peu plus de hauteur d'une grosse bande dessinée. Par comparaison, la Switch de Nintendo ne mesure "que" 24cm de large et 10cm de haut. Les deux consoles de nouvelle génération pèsent chacune un bon 4,5 kg (oui, on a vérifié).

Les deux consoles sont de très beaux bébés, plutôt encombrants
Les deux consoles sont de très beaux bébés, plutôt encombrants © Radio France / Olivier Bénis

Autant dire que ces deux consoles seront très visibles dans votre salon. Donc que, mine de rien, leur design a sans doute une importance plus grande que pour les modèles précédents, d'autant que les deux constructeurs ont fait des choix radicalement différents.

La Xbox Series X compense son imposante largeur par sa sobriété. C'est un monolithe noir assez élégant, avec des trous sur la partie supérieure qui prennent une teinte verte (la marque de fabrique de ces consoles) selon l'angle de vue. C'est sans doute celle qui s'intégrera le plus facilement dans n'importe quelle déco.

La PlayStation 5 fait le pari totalement inverse, celui de l'audace assumée. Comprenez : ça passe ou ça casse. L'objet est énorme, certes, mais superbe avec ses formes élancées. Toutefois, il risque de trancher plus facilement dans le décor. Comme une statue d'art contemporain, ça ne sera pas forcément joli partout.

Que changent les nouvelles manettes de jeu ?

Comme pour sa console, Sony a fait un pari audacieux avec sa nouvelle manette Dual Sense. Assortie au look très avant-gardiste de la PlayStation 5, elle se veut aussi un concentré de nouvelles technologies pour immerger le joueur : pavé tactile (comme sur la PlayStation 4), gâchettes capables d'offrir plus ou moins de résistance selon le contexte en jeu, et surtout retour haptique pour générer des sensations dans vos mains. Une sorte de générateur de touchers ou de textures plutôt convaincant dans le jeu "Astro's Playroom", fourni avec la console. Reste à savoir si ces fonctions seront utilisées par les prochains jeux de la console, ou s'ils resteront un gadget à l'avenir.

Deux manettes avec deux approches différentes
Deux manettes avec deux approches différentes © Radio France / Olivier Bénis

La nouvelle manette de la Xbox Series fait, elle, simplement évoluer les bonnes idées de ses prédécesseures. Les habitués de la (toujours excellente) manette Xbox One ne seront pas dépaysés. En main, elle est un peu plus compacte que son homologue PlayStation, avec un toucher un peu plus rugueux (qui évite de glisser). À noter, l'ajout d'un bouton consacré à la capture d'images ou de vidéos en jeu, ou au lancement d'une diffusion en streaming ; et le fait qu'elle soit facilement utilisable sur d'autres plateformes (PC, smartphones).

C'est facile à installer et à utiliser ?

Si vous avez ignoré les consoles ces dix ou vingt dernières années, sachez que le bon vieux temps où l'on sortait l'appareil de la boîte avant d'insérer une cartouche et de jouer est révolu depuis longtemps. Toutefois, dans les deux cas, les petits manuels fournis donnent des explications très claires pour installer sa console sans la faire exploser (ou tomber) Tout se fait en quelques branchements assez simples, avec un petit côté bricolage pour la PlayStation 5, sur laquelle il faut aussi visser un pied (fourni) pour la rendre stable verticalement ou horizontalement.

Une fois allumées, les deux machines vous guident dans leur configuration. Paradoxalement, c'est si vous débarquez totalement que ce sera le plus simple, vous n'avez plus qu'à télécharger un jeu ou en lancer un sur disque pour commencer à vous amuser. À l'inverse, si vous possédiez l'un des modèles précédents, il y aura quelques étapes supplémentaires pour récupérer vos données, lier votre compte, etc.

PlayStation 5 et Xbox seront toutes deux disponibles avant Noël
PlayStation 5 et Xbox seront toutes deux disponibles avant Noël © Radio France / Olivier Bénis

On notera tout de même que dans ce cas, la Xbox propose une transition plus fluide et moins contraignante : dès l'allumage ou presque, vous retrouverez directement vos jeux et vos sauvegardes de la console précédente. Sur PlayStation, il faudra ajouter un temps (plus ou moins long) de transfert des données d'une console à l'autre, en allumant la nouvelle et l'ancienne simultanément, ce qui est nettement moins intuitif. Il est aussi possible, si vous êtes abonné au service PlayStation Plus, de transférer vos sauvegardes via le cloud.

Au jour le jour, les menus des deux consoles sont assez simples à utiliser : la PlayStation mise sur quelque chose de plus épuré, affichant à la base uniquement vos derniers jeux ; la Xbox, elle, propose un menu un peu plus fouillis mais aussi plus complet et personnalisable. Là encore, tout dépendra de vos goûts et de vos habitudes.

Est-ce que je vais pouvoir ranger (ou revendre) mon ancienne console ?

Comme indiqué précédemment, vous n'avez pas besoin de votre ancienne Xbox pour allumer son héritière ; alors que, sans abonnement spécifique, la PlayStation 5 nécessitera sans doute de garder branché le modèle précédent si vous voulez passer de l'une à l'autre sans rien perdre.

Une fois cette transition terminée, vos anciennes consoles peuvent tout de même encore vous servir : installée dans une autre pièce, la PlayStation 4 vous permet de jouer aux jeux PS5 en streaming depuis la nouvelle console. Quant à la Xbox One, elle peut, dans une autre pièce, vous permettre de progresser dans des jeux compatibles avec les deux consoles.

Et mes anciens jeux, j'en fais quoi ?

Justement, c'est l'un des mots-clés de cette nouvelle génération de consoles : "rétrocompatibilité". Les deux constructeurs misent sur cet aspect, mais de manière différente.

Chez Microsoft, on annonce fièrement "le plus grand line-up de lancement jamais réalisé pour une console", autrement dit une gigantesque liste de jeux immédiatement disponibles. La petite subtilité, c'est qu'on ne parle pas ici de "nouveaux jeux", mais du total de jeux jouables... En incluant tous ceux des deux consoles précédentes. Un choix certes énorme, si vous avez raté certains titres majeurs de ces 15 dernières années, ou que vous êtes un passionné qui apprécie de se replonger dans des classiques. De plus, tout est simplissime : insérez un disque de jeu Xbox One ou Xbox 360 dans la console, et il est immédiatement (ou plus ou moins rapidement, s'il nécessite une mise à jour en ligne) jouable.

Chez Sony, l'amour du passé va un peu moins loin : si la quasi-totalité des jeux PlayStation 4 sont jouables dès maintenant sur PlayStation 5, oubliez toute idée de remonter plus loin dans l'histoire du jeu vidéo. Vos éventuels jeux PS1, PS2 et PS3 ne fonctionneront pas sur la nouvelle machine. Certains sont toutefois jouables, en streaming, via l'abonnement payant PlayStation Now, mais cela impliquera d'avoir une connexion Internet solide.

C'est quoi, ces histoires de "Netflix du jeu vidéo" ?

Sans être une nouveauté, c'est la première fois que des consoles tout juste sorties misent autant sur des systèmes d'abonnement à des services de jeux vidéo. Chacun des deux constructeurs propose son propre service en la matière, avec toutefois des approches assez différentes.

Chez Microsoft, le Xbox Game Pass propose, à partir de 9,99 € par mois, l'accès à une bibliothèque d'une centaine de jeux, régulièrement renouvelés (certains disparaissent, d'autres apparaissent), comprenant notamment des nouveautés tout juste sorties. Il s'agit principalement du catalogue accumulé sur les consoles précédentes. Chaque jeu est téléchargeable et jouable immédiatement après. Il s'agit surtout d'une bonne opportunité si vous voulez "rattraper" des jeux que vous auriez raté ces dernières années.

Chez Sony, l'offre est divisée en deux. Le PlayStation Plus propose, à partir de 5 € par mois, d'ajouter chaque mois une sélection de quelques jeux (plus ou moins récents) à votre bibliothèque. Ces derniers sont téléchargeables et jouables sur votre console autant que vous voulez. Au fil des mois, votre collection prendra donc de l'ampleur, mais deviendra inaccessible si vous arrêtez votre abonnement.

De l'autre côté, le PlayStation Now vous propose, là aussi pour 5 € par mois, d'accéder à une bibliothèque de plus de 700 jeux (issus des consoles précédentes : PS4, PS3 et PS2), mais en streaming, cette fois : vous ne jouez pas sur votre console, mais via un serveur internet. Il est donc nécessaire d'avoir une bonne connexion pour profiter de cet autre service.

Si je l'achète maintenant, je peux vraiment jouer au "futur du jeu vidéo" ?

Dans les deux cas, la réponse est en grande partie : non. Un peu comme avec la génération de consoles précédente, ces nouveaux modèles ne proposent pas de rupture énorme en termes de qualité ou même de style des jeux.

C'est sur Xbox que cette rupture est la moins marquée. C'est bien simple : la console ne propose aucun jeu exclusif, tous sortent aussi sur la Xbox One, la version précédente. Rien de révolutionnaire, donc, mais le parti-pris de proposer des versions améliorées de jeux disponibles sur d'autres supports, pour faire en quelque sorte de la Xbox Series "la meilleure manière de jouer aux jeux actuels".

Pas de nouveauté fracassante non plus chez Sony, mais quelques exclusivités qui peuvent faire pencher la balance pour les amateurs : "Marvel's Spider-Man: Miles Morales" (suite de l'excellent "Marvel's Spider-Man" sur PlayStation 4), "Demon's Souls", ou "Sackboy: A Big Adventure".

Rappelons aussi que depuis plusieurs années maintenant, la plupart des éditeurs (grosses sociétés mais aussi indépendants) sortent leurs jeux sur le maximum de consoles possible, pour toucher un public aussi large que possible.

Comment être sûr de pouvoir tester, dans quelques mois, LE jeu dont tout le monde parle ?

C'est la grande inconnue de cette génération, tout simplement parce que la guerre se joue ici en grande partie en coulisses. Jusqu'ici, Sony a souvent eu un temps d'avance en termes d'exclusivités (temporaires ou définitives), donc de jeux qui ne sont disponibles que sur ses consoles, grâce à ses studios de développement maison et à ses partenariats avec d'autres sociétés.

Mais la politique très agressive de Microsoft ces derniers mois pourrait bien équilibrer la donne, voire la renverser. Dernier (gros) coup en date pour le constructeur de la Xbox : le rachat de Zenimax, un groupement de studios réputé, et donc la possibilité de réserver certaines de leurs licences les plus fameuses ("Doom", "The Elder Scrolls", "Wolfenstein", "Dishonored"...) à la Xbox Series.

Et si ce n'est pas pour moi, mais pour ma fille ou mon fils ?

Le mieux, c'est d'abord de lui demander quelle console a sa préférence (laquelle propose son jeu préféré, ou sur laquelle jouent déjà ses amis en ligne). Pour la suite, pas de panique, les deux consoles proposent des options de contrôle parental avancées. Elles vous permettent de définir quels jeux votre enfant peut lancer ou non, des limites de temps de jeu et des horaires définis, etc.

La PlayStation 5 vous propose de contrôler tous ces éléments sur la console ou sur votre navigateur ; la Xbox Series permet aussi de le faire via une application smartphone.

Notez aussi que si la perspective de voir la télé du salon monopolisée par la console de votre progéniture vous angoisse, les deux constructeurs ont trouvé une astuce imparable : sur PlayStation 5 comme sur Xbox, il est possible de jouer à distance sur un smartphone. La console fait tourner le jeu et envoie son et images directement sur une application mobile, tout en laissant l'écran de la télévision disponible. Pratique pour ne gâcher ni la soirée ciné des uns, ni la partie des autres.

Mais à part le jeu vidéo, ça sert à quoi ?

Les consoles sont désormais de véritables centres multimédia, au-delà du jeu vidéo lui-même. Indice qui ne trompe pas : lorsque vous installez pour la première fois une PlayStation 5, celle-ci vous propose par défaut d'installer aussi les applications de Disney , OCS, ou Netflix. La télécommande de la console (vendue séparément) comprend même de gros boutons pour accéder directement à certains de ces services (mais aussi à YouTube et Spotify). La Xbox Series ne propose pas de télécommande dédiée, mais est compatible avec celle de la Xbox One.

Tout est donc fait pour que la console, une fois connectée à la télé, soit une sorte de passage obligé pour jouer, regarder des films ou séries, ou écouter de la musique. Tout dépendra en revanche des goûts et habitudes de son propriétaire, qui pourra préférer passer par sa box Internet ou une télé connectée.

Bon, et donc, il faut craquer ou pas ?

Oui et non. Tout dépend de votre profil :

  • Si vous êtes un joueur assidu, que vous guettez les dernières nouveautés, vous avez sans doute déjà précommandé ou acheté l'une des deux consoles (et on se demande pourquoi vous avez pris la peine de lire tout ça)
  • Si vous jouez de temps en temps, mais que vous avez ignoré la génération précédente, l'une des deux petites nouvelles est sans doute un bon investissement : vous pourrez rattraper votre retard tout en ne ratant pas de futures exclusivités (qui finiront bien par arriver)
  • Si vous êtes néophyte, mais que vous aimeriez découvrir ou redécouvrir le jeu vidéo, mieux vaut sans doute investir dans une des deux consoles de la génération précédente (Xbox One ou PlayStation 4), qui verront encore arriver bien des nouveautés dans les mois qui viennent, tout en coûtant nettement moins cher
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.