La ministre de la Culture, Françoise Nyssen, a levé le voile ce lundi matin sur le "Catalogue des Désirs", un ensemble de plus de 450 œuvres d'art issues des collections des musées nationaux, qui seront amenées à voyager à travers la France ces prochains mois, pour être découverts par un plus large public.

Le Louvre est le plus gros pourvoyeur dans cette collection qui compte environ 450 oeuvres.
Le Louvre est le plus gros pourvoyeur dans cette collection qui compte environ 450 oeuvres. © AFP / Ludovic Marin

Le "catalogue des désirs", c'est le nom de la collection d’œuvres que le ministère de la Culture va mettre à disposition dans le cadre de son plan "Culture près de chez vous". Annoncé au mois de mars dernier, le plan s'est un peu plus concrétisé ce lundi, avec l'annonce par la ministre Françoise Nyssen de la liste des quelque 450 pièces intégrées à ce catalogue. parmi les chefs-d’œuvre de la collection 

Deux commissaires généraux, Olivia Voisin et Sylvain Amic, ont travaillé à établir ce catalogue qui propose, selon le ministère, "une petite histoire de l'humanité, dans ses désirs, ses tourments et sa gloire". Pas de Joconde dans cette collection, contrairement à ce que la ministre avait annoncé lors de la présentation du plan au mois de mars (le Louvre s'y est fermement opposé), mais des œuvres très diverses destinées à voyager partout en France, et en particulier dans les "déserts muséaux". 

Qu'est-ce qu'il y a dans ce catalogue ?

S'il n'y a pas de tableau iconique parmi les œuvres de cette collection (exit La Joconde, mais aussi La liberté guidant le peuple ou L'Origine du monde, par exemple), le catalogue est varié, aussi bien par ses supports que pour les artistes et périodes qu'il représente. On y retrouve des peintres aussi importants que Van Gogh, Gustave Doré, Delacroix, Georges de La Tour, ou plus récemment, Chaïm Soutine, Pablo Picasso, ou Yves Klein. Et même quelques artistes contemporains reconnus comme Laurent Grasso et Camille Henrot. 

Plus intéressant encore, il n'y a pas que des œuvres d'art dans les pièces mises à disposition : on y trouve aussi de nombreux objets montrant l'évolution du monde et des sociétés, des premiers bifaces préhistoriques aux outils utilisés par les maçons italiens en passant par les astrolabes de la Renaissance. Mais aussi des pièces qui ont marqué l'histoire : Le Monde note la présence parmi les chefs-d’œuvre de la collection de la ceinture de bananes que portait Joséphine Baker ou de la torche olympique des Jeux Olympiques de Mexico en 1968.

Qui va prêter des œuvres ?

Ce catalogue est le fruit de la mise en commun des collections de 29 musées nationaux, dont le plus sollicité est le Louvre, avec 46 œuvres, suivi par la Bibliothèque nationale de France. On y retrouve aussi des œuvres du Musée d'Orsay, du Centre Pompidou, de Versailles ou du musée du quai Branly... mais ce n'est pas tout. Car de nombreux musées nationaux, moins connus, et en majorité pas situés à Paris, ont également participé : on retrouve ainsi dans ce "catalogue des désirs" des pièces venues du musée de la Renaissance, situé à Ecouen, ou encore des plus récents musées des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée (MuCem) à Marseille ou du sport à Nice.

Qui va en bénéficier ?

Ce plan "itinérance" est destiné à permettre aux territoires mal dotés en musées et en établissements culturels de recevoir des œuvres majeures du patrimoine français. Le catalogue est donc essentiellement destiné aux "lieux d'accueil muséaux ou non des zones blanches du service public culturel", c'est-à-dire les zones où il y a moins d'un établissement culturel pour 10 000 habitants. Ce sont donc plutôt des villes moyennes qui seront concernées.

Il n'y a pas de restriction sur le type d'établissement culturel concerné - des écomusées ruraux, par exemple, ont déjà fait acte de candidature pour recevoir des œuvres. En revanche, il subsistera une contrainte en matière de conservation : les œuvres prêtées devront pouvoir bénéficier de conditions de sécurité et de conservation suffisantes. Certains lieux devront donc peut-être être remis aux normes. 

Comment ça marche ?

Ce n'est pas parce que ces œuvres figurent dans le "catalogue des désirs" qu'elles vont forcément partir en vadrouille le long des routes de France : ce dispositif est en réalité un catalogue de prêt, dont les modalités sont simplifiées pour permettre à des établissements "dont certains n'ont simplement jamais osé solliciter de prêts de musées aussi importants". Pour qu'une œuvre quitte les réserves de son musée, il faudra donc qu'un autre musée en ait fait la demande, et que les conditions soient réunies pour l’accueillir.

Ainsi, pour l'instant, seuls trois projets sont concrètement prévus à la rentrée, au musée des Beaux-Arts d'Agen qui recevra un tableau de Francisco Goya, au musée Edmond-Rostand de Cambo-les-Bains (Pyrénées-Atlantiques) et au musée Bernadotte de Pau. D'autres projets ont été lancés dans d'autres villes moyennes (Saint-lô, Lodève, Digne-les-Bains) mais ne sont pas encore concrétisés. Quant au "catalogue des Désirs", il sera renouvelé après 2019 et cette première période d'expérimentation. 

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