France 2 diffusera mercredi soir un téléfilm consacré aux attentats du 13-Novembre 2015. Une fiction intitulée "Ce soir-là et les jours d'après", qui a provoqué l'ire des associations de victimes, poussant ainsi la chaîne à retarder au maximum sa diffusion. La soirée se prolongera avec un débat.

Naidra Ayadi et Sandrine Bonnaire dans « Ce soir-là… »
Naidra Ayadi et Sandrine Bonnaire dans « Ce soir-là… » © Ch. LARTIGE / Caminando Productions / EndemolShine Fiction / FTV

Voilà plus d'un an que Ce soir-là et les jours d'après attendait sagement sur une étagère à France 2, le temps que les esprits se calment autour de ce téléfilm, initié moins de deux ans après les attentats. "Parce que c'était trop tôt", "que les plaies étaient encore à vif" s'indignaient les associations de victimes. 

Une pétition forte de 50 000 signatures a même tenté d'enterrer définitivement le projet. À la place, France 2 a pris le temps de dialoguer avec les uns et les autres. De leur montrer le résultat surtout. Aujourd'hui, même Arthur Dénouveaux, le président de l'association Life for Paris le reconnaît : "'Ce soir et les jours d'après' ne porte pas atteinte à la mémoire des victimes. Mais nous n'en voyons pas l'intérêt." 

Réalisation sobre, économie de mots

Cela n'est pas complètement faux. Toute la première partie du téléfilm, qui restitue le soir du 13-Novembre 2015 est très bien réalisée. On suit Irène (jouée par Sandrine Bonnaire), directrice de crèche et voisine du Bataclan. Alors qu'elle s'apprête à sortir de chez elle, elle entend des coup de feux, elle ouvre la porte, des jeunes gens paniqués se précipitent. Un passant l'aide à secourir une blessée restée sur la chaussée. Ce passant, c'est Simon Abkarian alias Karan, qui a fuit l'Afghanistan apprendra-t-on plus tard. Tout se tient, la réalisation sobre, fait dans l'économie de mots. La sidération et la peur sont palpables. 

C'est après que cela se gâte. Quand Irène et Karan, qui vont se retrouver et former une petite bande avec ceux qu'ils ont sauvé, tombent amoureux. Sandrine Bonnaire et Simon Abkarian n'y sont pour rien, au contraire. "Mais que sont-ils allés faire dans cette galère ?"se dit-on à plusieurs reprises, au vue de ce scénario qui après 45 minutes semble avoir totalement perdu sa voie. 

Pourquoi sombrer dans les clichés ?

Pourtant on comprend bien l'idée sous-jacente : partager un traumatisme crée des liens forts, la mort donne des pulsions de vie (et de sexe). Mais pourquoi sombrer dans tous ces clichés qui vont ensuite s'accumuler ? On a pas encore trouvé. 

À souligner tout de même, la présence de Naidra Ayadi dans le rôle de Samira, rescapée au caractère bien trempé qui se bat pour tenir sur ses jambes le jour de ses noces. Elle est le rayon de soleil de ce téléfilm terne.

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