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blogcs a l etude © Radio France

Reprenons notre petite histoire de la consommation, en passant par l'aventure Prisunic , qui mêle prix bas, design, éditions de travaux d'artistes et esprit pop. C’était la belle époque du design pour tous. Les meilleurs créateurs y ont vendus leurs objets, ou concédé des reproductions aux Editions Prisunic. C’était un autre temps pour la consommation, je ne l'ai pas connue, mais les ménages semble-t-il devaient avoir le moral.

Prisunic, comme prix uniques . Prisunic est né en décembre 1931 à Paris, pour vendre de l’alimentation ou du linge de maison, à très bas prix, sous l’affiche « vente spéciale à prix uniques». Le concept de cette chaîne de magasins sera ensuite d’offrir en libre-service des objets quotidiens et des meubles, pour les classes moyennes et populaires. Du beau, du neuf et abordable.

Prisunic s’est inscrit dans l’inconscient populaire. C’était une EXPERIENCE NOVATRICE DE SYSTEME DE VENTE, avec le premier LIBRE SERVICE intégral par exemple et une chaîne de magasins où voisinaient sur les rayonnages à la fois des couverts en plastique et du mobilier design.

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prisu © Radio France

On ne se lasse pas de lire et relire Anne Bony et son ouvrage consacré à l'aventure Prisunic. En le feuilletant, on y retrouve les publicités "Prisu", et le rapport avec les artistes pop américain ou avec Martial Raysse.

L'artiste Martial Raysse a retranscris dans son œuvre l’aspect coloré de ces rayons, et Arman, quant à lui a travaillé sur l’alignement en série des objets, sur les néons (éteints), le plastique et le celluloïd, matériaux emblématiques de l'époque.

Voici un exemple d'oeuvre de Martial Raysse et de publicités pour Prisunic

Tout se passe comme si les accessoires féminins absents de la pub Prisu pour l'habillement s'étaient retrouvés dans l'oeuvre de Martial Raysse.

Les publicités Prisunic se sont inspirées des artistes du pop art américain comme Jasper Johns ou Tom Wesselman. Prisunic a également vendu dans ses magasins des lithographies signées d’artistes comme Alechinsky ou Messagier. C’était tout à fait novateur pour l’époque. On retrouve par exemple aujourd’hui dans les ventes aux enchères des lithographies d’Arman éditées par Prisunic.

Editions Prisunic, JAI HIBERNE Arman
Editions Prisunic, JAI HIBERNE Arman © editions prisunic

C’est assez cocasse de voir un Martial Raysse s’inspirer des rayons de grands magasins pour faire des œuvres colorées et amusantes, alors que Prisunic était susceptible de vendre son propre travail s’il avait produit des lithographies. Qu’est ce qu'une œuvre d’art ? L’objet créé par l’artiste ou celui sorti de l’usine, puisque les deux logent à la même enseigne. Raysse disait par ailleurs que les Prisunic étaient les nouveaux musées de l’art moderne.

Pour en savoir plus sur Anne Bony, Prisunic et le design, Editions Alternatives>

blogcs signature C Simeone
blogcs signature C Simeone © Radio France

Remerciements à

Valeria Emanuele, au web de France Inter twitter.com/valeriae

Annelise Signoret, du service documentation de Radio France __

Sophie Raimbault, assistance du service Culture de la rédaction de France Inter

Ghislaine Delubac et son équipe de l'agence Apocope

Guillaume Ducongé

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