Oscar a demandé à l'émission "Les P'tits Bateaux" pourquoi les gens écrivaient sur les murs ? Anonymes ou célèbres, les êtres humains ont pris pour habitude de laisser une marque simple ou très poussée de leur passage pour exprimer une idée, partager ou simplement exister.

Une jeune femme écrit sur le mur de la maison de Juliette à Vérone en Italie, pour la Saint Valentin - Février 2018
Une jeune femme écrit sur le mur de la maison de Juliette à Vérone en Italie, pour la Saint Valentin - Février 2018 © Getty / Tony Anna Mingardi/Awakening

Victor Hugo a gravé son nom dans la pierre du château de Gisors, l'homme de Néanderthal a laissé des  peintures de ses mains dans la grotte d'El Castillo en Espagne, un utilisateur engagé a écrit sur les affiches publicitaires des couloirs du métro, l'artiste Max Tetar a œuvré sur un mur de la rue des cascades à Paris,... Mais pourquoi les êtres humains ressentent-ils le besoin d'écrire sur les murs ?

Pour répondre à la question d'Oscar, Noëlle Bréham a interrogé Françoise Barbe-Gall, Historienne de l’Art et créatrice de l’association CO-RE-TA (COmment  REgarder un TAbleau). 

La première raison est assez simple : certaines personnes veulent laisser une trace de leur passage et c’est une façon très ancienne et très directe de s’exprimer. Dans l’antiquité, c’était déjà une pratique courante. On a retrouvé dans les ruines de la ville de Pompeï des graffitis sur les murs, dont certains exprimaient des idées politiques. Le phénomène n'est donc pas nouveau. Même si les gens imaginent que c’est apparu dans les rues de New York dans les années 60 et que c’est strictement une image de la ville moderne. 

C’est une manière de raconter des choses à des gens qu’ils ne connaissent pas, qui passeront par-là, qui découvriront un mot, une image ou simplement des traces de couleurs. C’est aussi une façon d’occuper un territoire. C’est une façon de dire : « Je suis là, je pose quelque chose qui va rester une fois que je serai parti ».

D’autres ajouteront peut-être des éléments supplémentaires, mais ils sauront que je suis passé, que j’existais. C’est une façon animale de dire : je suis là. Cette surface, peu importe sa taille, m’appartient au moment où je dessine quelque chose. C’est aussi une façon de montrer de quoi je suis capable même si on ne me connaît pas, même si souvent ça n’est pas signé.

Dans la culture urbaine, c’est une façon de dire les choses avec un autre rythme et ce n’est pas pour rien que la culture hip-hop a intégré le graffiti et le tag à sa panoplie de moyens d'expression. Même dans leur accumulation et leur recouvrement, les messages et les dessins symbolisent le bruit de la ville.

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