Comment parler du dernier film de Roman Polanski après les nouvelles accusations de viol à l'encontre du metteur en scène ? Laurence Bloch, la directrice de France Inter était l'invitée du journal de 13h de Bruno Duvic.

Jean Dujardin dans j'accuse
Jean Dujardin dans j'accuse © Gaumont

C'est un des films attendus cette semaine. Grand prix du jury au dernier festival de Venise. Regard d'un cinéaste important sur un épisode majeur de l'histoire de France, J'Accuse, le film de Roman Polanski sur l'Affaire Dreyfus sort donc ce mercredi, alors qu'une nouvelle accusation de viol contre le cinéaste surgit. Elle émane de l'actrice Valentine Monnier pour des faits qui remonteraient à 1975. Polanski nie avec la plus grande fermeté, précise son avocat.

Ce n'est pas la première accusation contre lui : en 1977, il a été condamné dans une première affaire. Dans les autres cas, les faits étaient prescrits. À l'heure où la parole des femmes, victimes d'agressions dans le cinéma, se libère, peut-on parler du film sans évoquer ces accusations ou, à l'inverse, peut-on complètement passer sous silence le long métrage en lui-même ? 

Question posée aux médias, en particulier à France Inter puisque J'accuse est un "Film Inter".

Les comédiens du film sont intervenus, ou vont intervenir, dans différentes émissions de la chaîne. Jean Dujardin était l'invité d'Ali Badou le vendredi 8 novembre 2019. Louis Garrel était l'invité de Popopop ce lundi 11 novembre 2019. L'émission ayant été enregistrée avant la révélation de cette nouvelle accusation, la directrice de France Inter, en accord avec Antoine de Caunes, a préféré ne pas la diffuser. 

Par ailleurs, précise Laurence Bloch, Augustin Trapenard devait recevoir l'épouse de Roman Polanski qui joue également dans le film, mais Emmanuelle Seigner s'est elle-même décommandée.

Qu'est-ce qu'un "Film France Inter" ?

La définition nous en est donnée par Laurence Bloch : "C'est un partenariat de recommandation, c'est à dire que le service des partenariats de France Inter et la direction considèrent que le film de par son propos, de par la qualité de sa mise en scène, de par l'exemplarité et la qualité de ses acteurs, doit être non seulement porté à la connaissance de ses auditeurs, mais aussi recommandé. Il n'y a aucun échange d'argent. Il n'y a évidemment aucune demande aux critiques de cinéma de France Inter de dire du bien du film et je crois que les auditeurs savent que les critiques de la rédaction de France Inter font ce qu'ils ont à faire. 

Il y a l'homme et il y a le film, et la rédaction de France Inter fait son boulot par rapport aux accusations qui sont portées contre l'homme."

France Inter soutient fermement, fortement, absolument ce film.

"C'est un film absolument remarquable sur une affaire qui est importante, l'affaire Dreyfus, poursuit Laurence Bloch. Un homme a été condamné par le simple fait qu'il était juif. Mais surtout, c'est le combat d'un homme seul qui risque tout pour que la vérité advienne."  

Les auditeurs sont adultes et ils feront, en conscience, ce qu'ils croient devoir faire.

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