Même si vous n'avez jamais touché un jeu vidéo de votre vie, vous en avez forcément déjà vu une : la Game Boy fête ses 30 ans cette semaine (elle est sortie le 21 avril 1989 au Japon). Et pourtant, la petite console de jeux revient de loin...

Avec la Game Boy, les enfants pouvaient jouer loin de la télé du salon
Avec la Game Boy, les enfants pouvaient jouer loin de la télé du salon © Getty / François Ancellet / Gamma-Rapho

Ça paraît évident aujourd'hui, mais à l'époque, c'était une petite révolution : non seulement la Game Boy (ou le Game Boy, on peut officiellement dire les deux) était une console de jeux vidéo portable, mais en plus on pouvait passer d'un jeu à l'autre en un simple changement de cartouches, contrairement aux jeux électroniques auparavant.

Forcément, la Game Boy s'est donc très vite retrouvée dans de nombreux cartables et sacs à dos de l'époque... Et pourtant, ce n'était pas gagné. La légende veut en effet que lors de son développement à la fin des années 80 chez Nintendo, certains salariés l'avaient surnommée le "jeu nul" (comme le raconte l'historien Florent Gorges au Monde).

Outre la crainte qu'elle ne grignote des ventes de l'autre console du constructeur, la Famicom (NES en France), ils étaient persuadés qu'avec son petit écran en noir et blanc, alors que les consoles de salon proposaient de la couleur, la Game Boy était ringarde avant même de sortir, et donc vouée à l'échec.

Un énorme succès surprise

Trente ans plus tard, l'avenir leur a donné tort. La Game Boy est la troisième console la plus populaire au monde (derrière la Playstation 2 et la Nintendo DS) avec 118 millions d'exemplaires vendus, si l'on inclut la Game Boy Color, une version améliorée avec un écran couleur. En France, il s'en était vendu 1,4 million un an après sa sortie, notamment grâce aux publicités télé qui vantaient sa capacité à tenir dans une (grande) poche.

Quant à la cartouche livrée avec les consoles neuves, le célèbre "Tetris", c'est le quatrième jeu vidéo le plus vendu de l'Histoire, en grande partie car chaque nouveau possesseur de Game Boy le recevait automatiquement avec, lui imprimant au passage irrémédiablement sa diabolique musique dans l'oreille.

Un catalogue particulièrement fourni pendant 14 ans

Derrière ce succès, trois explications : d'abord son prix, environ 600 francs à sa sortie, soit moins de 100 euros ; le fait de pouvoir enfin jouer partout sans être dépendant de la télé du salon (très convoitée à l'époque par les autres membres de la famille) ; mais aussi un catalogue particulièrement riche, avec près de 2000 jeux sortis entre 1989 et 2003. Le nerf de la guerre.

Car parmi ces jeux, beaucoup ont marqué les esprits et certains sont même devenus cultes. Suffisamment, par exemple, pour provoquer l'enthousiasme des fans à l'annonce, le mois dernier, d'un remake de "Zelda: Link's Awakening", l'un des épisodes les plus aimés de la célèbre série.

Tous ces éléments ont fait de la Game Boy un produit iconique des années 90, et une pépite pour les nostalgiques d'aujourd'hui. Elle marquait aussi le début de deux décennies de règne presque sans partage de Nintendo sur le monde du jeu vidéo nomade, avant d'être bousculé par l'arrivée des smartphones.

Le jeu mobile a en effet été un concurrent terrible pour la stratégie portable du géant japonais, qui a changé son fusil d'épaule en lançant, il y a deux ans, la Switch, première console jouable aussi bien sur une télévision qu'en mode portable. Son succès pourrait justifier de ne plus inventer de nouvelles consoles "100 % portables" par Nintendo, faisant de la 3DS la dernière représentante d'une certaine époque (et la dernière descendante de la Game Boy originale).

Cela dit, même les joueurs actuels, petits et grands, peuvent encore apprécier une petite partie de Super Mario Land.

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