Ses iconiques escarpins font parfois l'objet d'une vénération sans limite. Alors qu'une grande exposition va lui être consacrée au palais de la Porte Dorée, il est venu parler de lignes, de courbes, de désir chez Augustin Trapenard. Et il a raconté dans quelles circonstances étaient nées ces fameuses semelles rouges.

Tapis rouge, festival de Venise
Tapis rouge, festival de Venise © Getty

Élevé par une mère très présente entouré de cinq sœurs, Christian Louboutin en est persuadé : "Quand on a beaucoup d'amour depuis l'enfance donnée par les femmes, on le rend

J'ai beaucoup d'amour pour les femmes en général et beaucoup de respect pour les femmes.

L'une de ses sœurs avait pour habitude de l'emmener au Musée des arts océaniens et africains au palais de la porte Dorée. (Ce musée a fermé ses portes en 2003, et quelques années plus tard, les collections qui y étaient présentées ont été transférées au Musée du Quai Branly.) 

Il y avait à l'entrée du musée une pancarte qui a longtemps intrigué le petit garçon : un escarpin barré de rouge. Et pour cause, les "bonbouts" des talons aiguilles des années 1950 étaient en métal et abîmaient les parquets et les mosaïques du musée. Ils étaient donc interdits. C'est ce dessin qui a fait comprendre à Christian Louboutin, une chose très simple :

Tout commence par un dessin, donc. J'ai commencé vers 11 ou 12 ans à dessiner ce dessin. Tous mes dessins étaient toujours de profil à cause de ça. Maintenant, j'ai un peu changé d'angle. 

Les semelles rouges

Pour peu qu'on s’intéresse un peu à la mode et aux souliers, on connait l'anecdote d'un Christian Louboutin peignant avec un vernis à ongle rouge la semelle d'une paire d'escarpins. Mais dans quelle circonstance a-t-il eu cette idée saugrenue, mais géniale (mais saugrenue).

"Tout commence par un dessin chez moi", répète le créateur. "Ce rouge, c'était pour rester fidèle à mon dessin, à mes dessins originels. Quand je fais le soulier qui est dessiné, j'essaie de rester le plus proche du dessin de base. En 1992, j'ai dessiné des souliers en pensant à Warhol. Et donc, vraiment, l'idée, c'était que tout soit très coloré, très vif, très pop."

Quand le soulier a été fait, j'ai mis le dessin à ma gauche et le soulier à ma droite. J'ai regardé, je me suis dit "le soulier est bien, mais le dessin est mieux." 

"C'est en le tournant de dos que j'ai découvert qu'il y avait cette grosse masse noire de la semelle qui n'existait pas sur mon dessin. Heureusement, la personne qui essayait les souliers dans l'usine était en train de se faire les ongles. Je lui ai piqué son vernis. Et j'ai peint les semelles. Tout à coup ça a fait office de révélateur. Je me suis dit, voilà, ça ressemble à mon dessin. "

La couleur rouge, elle vient de la fidélité

La question Trapenard

Mais vos pieds à vous ? Quel regard vous portez sur vos propres pieds, Christian ?

"Ça, je ne me suis jamais posé la question. Ils ont une chose que j'aime bien, mes pieds, c'est qu'ils sont creux. J'aurais détesté avoir les pieds plats. En plus, professionnellement, les pieds plats, c'est compliqué. Quand on aime dessiner des souliers avec des talons, par exemple, ce qui est mon cas, les pieds plats, c'est compliqué à chausser". 

► Ecouter Boomerang chaque matin à 9h10

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.