Les pros du scénario sont dépassés par la réalité de l'affaire Fillon. C'est le moment de regarder deux webséries qui se mêlent de politique.

Face au diable
Face au diable © capture d'écran

On a beaucoup entendu des scénaristes dire qu'ils étaient dépassés par le scénario de l'affaire Fillon. A l'image d'Oliver Szulzynger qui a su tenir la France en haleine avec Plus belle la vie .

"On a enfin une formidable série politique française, et qui s'exporte puisque toute la presse étrangère en parle !", selon l'écrivain et scénariste Dan Franck, auteur des Hommes de l'ombre, série sur la communication en politique, et de Marseille"

"Comme dans une série, le plus intéressant est de voir ce qui se passe au sein d'un même camp, avec des histoires de trahison, de famille...". explique Dan Franck à l'AFP.

Le public a lui aussi l'impression de faire partie du casting.

Qui n'a pas entendu ce genre de réflexion : "mais qui donc est en train d'écrire cette fiction dans laquelle nous sommes en train de jouer ? "

Car il ne suffit pas de laisser fuiter une info, il faut encore savoir découper l'histoire en épisodes, plus ou moins saillants, etc... ce que le Canard Enchaîné a l'air de savoir faire parfaitement bien.

Les pros du scénario sont dépassés par la réalité et quand on regarde leurs dernières fictions en rapport avec la présidentielle, cela donne des choses qui deviennent fades malgré elles.
Pourtant la série que défend France Télévisions et Sudio 4 depuis cet hiver semblait oser le tout pour le tout en nous plongeant dans les coulisses d'une famille qui pourrait être celle des Le Pen. Papy, sa petite fille, le copain de la petite fille, une campagne ....

Face au diable n'a pourtant rien d'un bonbon avec édulcorant.... il met mal à l'aise, en montrant ce respectable vieillard débitant ses dogmes racistes avec le calme d'un philosophe.

Face au Diable a été créée par Gilles Daniel fin 2016. La série suit le parcours d'Hugo Bernal, un jeune leader syndical à la dérive. Il rencontre une femme, Clémence, mais il apprend après la première nuit, qu'elle est l'héritière de Philippe Legrand, dirigeant d’un parti d’extrême droite, Renaissance.

Pendant qu'il se demande s'il est bien raisonnable pour lui de partager des parties de chasse avec "beau-papa" (un Jean-Marie Le Pen en touts points que l'on reconnaît très bien à son parcours algérien) l'éminence grise de Renaissance, un certain Gaspard, envisage la succession du "Vieux". Intrigues, cas de conscience, ambitions, lâchetés, tout y passe.

L'engagement par la fiction

Du côté de la série IO , le personnage central Sad Monkey, est en quête de rebond dans les flux web, en appelant à hacker le vote de la présidentielle.

La série ne fait pas référence à la présidentielle, mais l'appel à hacker le vote est une manière sous-jacente de s'insurger contre la non-reconnaissance du vote blanc, de militer, via un livre blanc publié en ligne, pour une responsabilisation individuelle.

Sad Monkey peut il faire quelque chose pour François Fillon ?

Imad Hatem, créateur de la série Io : Certains disent qu’il est la source du Canard Enchainé ; il lutte contre l’hypocrisie des puissants, comme l’ont fait Snowden et Assange. Sad Monkey ne votera pas ; il est au-dessus de tout cela. Il a appellé à pirater le vote en votant Sad Monkey (au lieu de voter blanc) pour montrer à quel point la démocratie est malade.

Sur sa modeste page Facebook, Sad Monkey déclarait : "Oui, je suis le Candidat de toutes celles et ceux qui veulent pirater ce système, qui ont enfin compris la réalité du monde , à toutes celles et ceux qui veulent un monde non plus basé sur le pouvoir et l'argent , mais bien sur l'Education, sur la Justice, la Transparence, la Raison et la Culture ! En 2017, je ne serai certainement pas président mais, je resterai éternellement un Pirate. Et Vous ?"

Bref, un non-candidat qui parle de culture... pas de chance pour la culture.

Io se situe entre Lost et Mr Robot. Elle a été réalisée avec très peu de moyens, une simple Go Pro, en vue subjective, avec des comédiens amateurs. Le thème c’est d’imaginer un hacker mystérieux, masque de singe sur costume pour trader. Il va venir sérieusement perturber la vie sans histoire d'un étudiant.

Sad Monkey fera sa révolution, et sera en butte à un autre révolutionnaire plus violent : c'est le projet que met en route aujourd'hui Imad Hatem, pour créer une nouvelle aventure et la proposer aux studios de productions.

Espérons que ce ne soit pas le scénario de l'après-présidentielle.

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