Depuis un mois, des milliers d'internautes redécouvrent avec délice les primes de la Star Academy, 20 ans après leur diffusion sur TF1. Et en parallèle, la société de production annonce travailler sur le retour du concept...

Florent Pagny n'a presque pas changé.
Florent Pagny n'a presque pas changé. © AFP / François Guillot

Depuis quatre semaines, il flotte comme un air de trémolos approximatifs, de jeans à paillettes et de chorégraphies kitsch sur Youtube. Normal : depuis le 21 avril, le groupe Endemol a décidé de mettre en ligne sur la plateforme de streaming tous les primes de son télé-crochet culte, diffusé entre 2001 et 2008 sur TF1 : Star Academy, ou la "Star’Ac", pour les intimes. 

Chaque jour un nouveau prime, dans l'ordre chronologique de diffusion. Et force est de constater que l’engouement est là : chaque émission culmine à des dizaines de milliers de vue. Comptez même 270 000 visionnages pour le tout premier prime de la saison une, où l'on a notamment découvert la chanteuse Jenifer. Et ce jeudi, les internautes pourront revivre le sacre de Nolwenn Leroy, grâce à la mise en ligne de la finale de la deuxième saison. De quoi tester la température et régaler les fans... en attendant le retour de la Star Academy, annoncé par la société de production Endemol Shine.

Pourquoi on retombe dedans ?

Sans doute d’abord parce que la Star Ac’, c’était étonnamment... frais. Bien moins corseté et produit que le concept de The Voice, par exemple, où tout est millimétré et policé. Sur le plateau de la Star Academy, les silences embarrassants s’enchaînaient, tout comme les angles de caméra douteux. On sourit en entendant les remarques souvent gênantes du présentateur Nikos Aliagas. On s’interroge devant certaines chorégraphies originales de Kamel Ouali. Le tout donne par moment l'impression d'un foutoir, mais d'un foutoir réjouissant, où élèves, public et stars cohabitent joyeusement.

Car l’une des grandes forces de la Star Academy, c’était quand même de réussir à appâter d’immenses artistes français ou internationaux sur son plateau, et ce quasiment à chaque émission. Un parterre de célébrités qui n’hésitaient d’ailleurs pas à passer au "château" (l’école culte de la Star Academy, à Dammarie-lès-Lys en Seine-et-Marne), pour prodiguer leurs bons conseils à des élèves bouche bée.

Des stars souvent très spontanées, ce qu’on a du mal à imaginer aujourd’hui. Céline Dion désinhibée, complètement déchaînée lors d’un medley de ses plus grands tubes avec les Star académiciens. Phil Collins qui se lâche. Sans oublier Mariah Carey, diva à l’époque hyper naturelle et accessible.

Une vraie évolution chez les candidats

La Star Academy, c'était aussi des castings très efficaces. Aujourd'hui, la plupart des candidats qui se présentent à des télé-crochets ont déjà un excellent niveau, voire un passé de musicien professionnel. Pas de ça à la Star Ac'. La très grand majorité des élèves n'a jamais pris de cours de danse et certaines voix soumettent - il faut dire les choses - les tympans à rude épreuve (on ne citera pas de noms). Mais c'est cela qui fait le charme de l'émission : voir des personnalités progresser de semaine en semaine, sous la houlette d'Armande Altaï, la professeur de chant bienveillante, ou Raphaëlle Ricci, l'exigeante prof d'interprétation.

Forcément, ça titille la fibre nostalgique des internautes. Florilège de commentaires émus sous les vidéos : "Trop de nostalgie, l'insouciance de l'enfance", "j'ai grandi avec Star Academy, c'est fou de revoir les images", "mon émission préférée, j’étais petit mais il ne fallait pas que je rate une quotidienne ou un prime", "Je suis tellement émue, j'adorais cette émission je me revois devant la télé en pyjama émerveillée plus jeune"...

Un retour pour bientôt ?

C'est en tout cas le souhait de Vincent Panozzo, le directeur des programmes, de la création et du développement du groupe Endemol Shine. "Nous travaillons sur différents programmes autour d'une Star Ac nouvelle génération", annonce-t-il dans les colonnes du Parisien. "L'année prochaine, c'est l'anniversaire des 20 ans, ça se fête. Je suis persuadé qu'un jour, l'émission reviendra, car elle fonctionne par cycle. Il y aurait toujours ce côté apprentissage."

Mais le potentiel retour d'une Star'Ac version 2021 pose quand même une question : le programme réussira-t-il à recréer la spontanéité et le charme de ses débuts ? Une tentative avait été amorcée en 2012-2013 sur la chaîne NRJ 12, mais dans une version plutôt fade, qui avait peiné à trouver son public. 

Un internaute note très justement  que "les participants ne savaient pas ce qui les attendait, c'était spontané... aujourd'hui la télé-réalité, même 'artistique', a souvent perdu cette saveur des débuts, même si elle gagné en professionnalisme, en production, en paillettes."

C'est sans doute là où réside la clé d'un come-back réussi pour la Star Academy : garder ce qui a fait le succès du concept de base, tout en attirant un nouveau public. Les fans d'antan ou les nostalgiques jetteront sûrement un oeil. Reste à conquérir toute une nouvelle génération, sans doute plus exigeante, pour laquelle Nikos est pour l'instant seulement l'animateur de The Voice...

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