On connaîtra le 20 janvier le lauréat du Prix du Livre Etranger France Inter - Le Journal du Dimanche.

La Foire de Frankfort, le plus grand marché du livres en Europe
La Foire de Frankfort, le plus grand marché du livres en Europe © Radio France / CS

Les grands prix littéraires en France comportent une section consacrée à la littérature étrangère. En 2016 le Prix Médicis étranger a récompensé Steve Sem-Sandberg pour Les élus (Robert Laffont) et le prix Femina étranger est revenu à Rabih Alameddine pour des Vies de papier.

En 2016, le traducteur Eric Boury a remporté le Grand Prix de la Traduction pour D'ailleurs, les poissons n'ont pas de pieds, de l'Islandais Jon Kalman Stefansson (Gallimard).

Le prix France Inter - Journal du Dimanche permettra de mettre à l'honneur la littérature étrangère comme un gage d’ouverture à d’autres cultures.

C'est une particularité française que de considérer la littérature dans son universalité. Les autres pays européens aident à la traduction de leurs propres littérature à l'étranger. En France c'est aussi le cas, mais le cœur même de l'action du Centre National du Livre est d'aider à la traduction en français d'ouvrages étrangers.

Trois questions à Vincent Monadé, président du Centre National du Livre

Quel est l'apport réel du CNL dans la publication de livres étrangers en France ?

Vincent Monadé : En 2015, le CNL a soutenu 307 travaux de traduction. Nous soutenons grosso modo un tiers de la littérature étrangère qui se publie en France. Dans une rentrée littéraire on a environ 28% de romans étrangers. Le CNL n'y est pas pour rien et il n'est pas pour rien dans la diversité des auteurs traduits. C'est aussi ce volontarisme qui fait que certains auteurs étrangers sont, ou ont été, plus connus en France que dans leur pays. Ce fut le cas pour James Elroy, Jim Harrison, Philippe Roth ou David Grossman.

Le CNL apporte son aide car publier un roman étranger c''est le double du coût. Il faut rémunérer l'auteur et le traducteur. Nous ne soutenons que des projets dans lesquels le traducteur est décemment payé, c'est-à-dire 21 euros la page. Ce sont des commissions qui décident de l'attribution des bourses aux traducteurs, ce qui est un cas unique en Europe, ou des aides aux éditeurs.

Pourquoi les budgets d'aide à la traduction sont-ils en baisse ?

Vincent Monadé : Comme toutes les institutions le CNL connaît une période de tension budgétaire, mais il faut dire aussi qu'il y a eu moins de demandes. Probablement en raison du fait que pour les éditeurs le pari est plus risqué. Les romans étrangers ne sont pas forcément ceux qui se vendent le plus. Probablement aussi parce que le CNL a fixé un tarif minimum de rémunération des traducteurs. Il doit être de 21 euros par page, et non 18 comme cela se pratiquait encore il y a 2 ans. Certains éditeurs ne se sont peut-être pas encore mis à jour.

Quelles sont les priorités d'aides ?

Outre la rémunération des traducteurs, nous avons annoncé que nous portons en ce moment une attention particulière aux projets en allemand. Par ailleurs, selon l'impulsion donnée par la Ministre de la Culture, nous donnerons la priorité aux langues du bassin méditerranéen.

Bilan des aides du CNL en faveur de la littérature étrangère en France en 2015
Bilan des aides du CNL en faveur de la littérature étrangère en France en 2015 © Radio France / CS
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