Indépendance, indépendance, ils sont nombreux les médias qui se créent ces temps-ci pour clamer leur différence. Papier, ou numérique, peu importe, ils veulent faire bande à part, loin des médias détenus par les Xavier Niel ou Bernard Arnault. Entretien avec Nicolas Vidal, fondateur de Pustch, webmagazine culturel.

"La révolte culturelle est celle qui sait se retourner sur le talent et non pas sur celui qui crie le plus fort" clame Pustch.media, nouveau webmagazine culturel
"La révolte culturelle est celle qui sait se retourner sur le talent et non pas sur celui qui crie le plus fort" clame Pustch.media, nouveau webmagazine culturel © Putsch.media

"Du nouveau, pas de nouvelles", "Nos lecteurs sont notre seule ressource", "De l’information pas de l'actualité", "La culture fait débat", voilà les slogans adoptés par ces nouveaux médias, que sont Vraiment, Ebdo, 8e étage ou Putsch. 

C'est dans ce contexte de mutation profonde que ces médias se créent. Ils sont tous petits à côté des stratégies massives de rachat de presse par des géants comme Xavier Niel ou Bernard Arnault. Tous petits mais clamant leur indépendance.  

Quand certains font le pari du long format, celui du scoop et de l'inédit, ou celui des sans-voix, Putsch, le nouveau webmédia culturel choisit d'exposer les idées et les engagements plutôt que les faits bruts.

Putsch.media est en réalité la nouvelle version du magazine BSC News. Lancé en ligne le 12 février, il sera doté d’une web TV, et sa version papier sera fournie aux abonnés à partir du 20 mars.  Mais c'est sur le numérique et les abonnés en ligne que Putsch.media mise essentiellement, pour défendre ce qu'il appelle la "subversion culturelle".  

Nicolas Vidal, fondateur de BSC News en 2007, a choisi de changer de braquet avec Putsch, de faire payer les lecteurs et de se passer de pub autant que possible. 

Nicolas Vidal : "On passe au payant, ce sera un choix des lecteurs que d’avoir cette pluralité. Aujourd'hui, les contenus s’uniformisent, ça ne sert pas la culture, elle doit être émancipatrice. Audace et singularité sont nos maîtres-mots. Certaines voix ne seraient pas bonnes à entendre, paraît-il, mais en démocratie, toutes les voix sont bonnes à entendre pour que le lecteur se fasse sa propre idée. Les invités de Putsch vont d'Augustin Trapenard à Laurent Obertone, le très décrié auteur de Guérilla, pour leur donner le temps de l’expression. La diversité des points de vue est le sillon fécond de la démocratie. 

Jusqu'où va la pluralité, de Trapenard à Le Pen ou Dieudonné ?

Nicolas Vidal : "Dieudonné, non ça ne m'intéresse pas. Ce qui compte c’est qu’il y ait un livre, des idées, qui enrichissent le débat."

Ainsi lit-on sur Putsch.media les entretiens avec Jeannette Bougrab sur "le délit de pensée imposé aujourd'hui par les Occidentaux",  Philippe Sollers qui clame qu"'il n'y a a plus de critique littéraire" et Patrick Besson qui dit que "les écrivains sont des lâches, sinon ils seraient soldats".

La différence, l'indépendance, tout le monde revendique cela, c'est devenu un lieu commun, non ? 

Nicolas Vidal : "C'est vrai. Je  crois qu'il faudra voir in fine la liste des invités et des sujets de chacun. Le seul juge de paix, c’est le lecteur. Un lecteur qui est défiant, qui juge la presse trop conformiste, enfermée dans une bulle. On voudrait aller sur des sujets délaissés et faire parler même ceux avec qui on n’est pas d’accord.

Ni hebdomadaire ni mensuel, Putsch publie au quotidien des entretiens, des tribunes, et des coups de cœur et espère reconquérir les lecteurs qui se défient de la presse en général. Un discours sur le fil de rasoir et un numéro d'équilibriste qui promet quelques polémiques. 

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