Ce mardi, le palmarès de la 12e édition du Mobile Film Festival sera connu. Pour les lauréats, ce festival peut être un tremplin vers… encore plus de courts-métrages.

La contrainte du Mobile Film Festival : un téléphone, une minute, un film
La contrainte du Mobile Film Festival : un téléphone, une minute, un film © Getty / Emmanuele Zinna / EyeEm

Un téléphone mobile et une minute chrono pour raconter une histoire : c’est le principe du Mobile Film Festival, qui récompense depuis douze ans les meilleurs très courts métrages réalisés sur téléphone portable. Cette année, le palmarès sera dévoilé ce mardi soir par le jury présidé par Emmanuelle Bercot. Parmi la cinquantaine de films en compétition, celui-ci, "Intime", réalisé par Sarah Benzazon, qui a laissé de côté son métier de commerciale pour se consacrer à sa passion, le cinéma :

A la clé, une bourse de 15.000€ pour réaliser un nouveau film. “L’idée, avec ces 15.000€, c’est de donner au lauréat des moyens professionnels”, explique Bruno Smadja, fondateur du festival. “Ce festival permet à chacun de participer avec son téléphone, sans contrainte économique. Ce qu’on propose ensuite aux lauréats c’est d’avoir des moyens, une équipe, du temps”, ajoute-t-il, précisant que les bénéficiaire de cette bourse n’ont aucune contrainte, ni de temps ni de format. “On a sorti des courts-métrages qui ont fait le tour du monde par ce biais !”, se félicite-t-il.

Le Mobile Film Festival a en effet servi de tremplin à de jeunes réalisateurs. Certains d’entre eux, qui n’avaient encore jamais présenté de film avant de participer à ce festival, se retrouvent aujourd’hui dans le circuit professionnel du cinéma.

Morgan Simon, du court au long

“La plupart des grands réalisateurs sont passés par le court, mais le rêve de tous, c’est d’aller vers le cinéma, la télé, les séries”, explique le fondateur du festival. Et le premier à avoir réalisé ce rêve parmi les lauréats du Mobile Film Festival, c’est Morgan Simon. En 2011, il remportait le grand prix avec “Une longue tristesse”.

“Le festival m’a permis d’entrer avec une boîte de production. Et j’avais déjà écrit un film six mois avant”, raconte le réalisateur dans une vidéo postée sur YouTube. Avec un budget de 100.000 euros, il a pu monter son premier court-métrage réalisé avec moyens professionnels dans la foulée. Ce 25 janvier, six ans plus tard, Morgan Simon a sorti au cinéma son premier long-métrage, “Compte tes blessures”, remarqué au festival de San Sebastian.

Sylvain Certain remet le couvert

“En général, les réalisateurs qui participent reviennent plusieurs années. Et lui adore faire des films courts !” raconte Bruno Smadja à propos de Sylvain Certain. Le jeune réalisateur qui travaillait déjà dans l’audiovisuel “afin d’appréhender le métier auquel [il] se vouait depuis l’enfance, la réalisation” a remporté d’abord le prix du public en 2012 pour “Transformation”, puis un prix du meilleur scénario, et enfin le grand prix en 2014 pour le très fort “Cercle Vicieux”.

Avec la bourse offerte par le principal partenaire du festival, plus un financement participatif, il a pu réaliser une fiction de 20 minutes, “Première nuit”.

Même s’il a confié à France Inter rêver de longs-métrages, il revient dans la sélection du festival cette année avec un nouveau film d’une minute, intitulé “T’es un bonhomme”, qui fait partie des favoris de cette 12e édition. “On est déjà à 1,6 million de vues sur le web, c’est un score encore jamais atteint pour nos films”, se réjouit Bruno Smadja.

Alexandre Perez expérimente la vidéo 360°

En 2014 puis 2015, Alexandre Perez a gagné deux fois d'affilée le prix de la mise en scène du festival (parrainé par France Inter), avec les films "Parking" et "L'Acte". "Pour moi ces deux films sont nés au Mobile Film Festival, mais ils n'y sont pas morts. Ce sont les deux premiers films qui figurent sur mon CV, et je les ai défendus dans d'autres festivals de cinéma, mobile mais pas que", raconte le jeune cinéaste.

"Cela m'a permis de rencontrer un producteur, avec qui nous avons conçu le projet que je défends aujourd'hui" : ce film, nommé "Sergent James", est lui aussi un court-métrage. Mais Alexandre Perez a troqué le smartphone pour une caméra à 360°, avec les contraintes (et les libertés) que cela engendre : "J'ai écrit et pensé mes premiers films en me disant que je savais que j'allais tourner avec un mobile ; j'ai fait exactement pareil avec la caméra à 360°", explique-t-il.

Alexandre Perez sur le tournage de "Sergent James"
Alexandre Perez sur le tournage de "Sergent James" / Artefact / Fotolabz

Le film est la première acquisition d'une fiction par le groupe TF1 pour son application de réalité augmentée. Et il sera présenté à partir de ce week-end dans la salle consacrée à la réalité augmentée du cinéma Louxor à Paris.

"Sergent James" se déroule dans une chambre d'enfant
"Sergent James" se déroule dans une chambre d'enfant / Artefact / Fotolabz

►ÉCOUTER | "Le Mobile Film Festival, un tremplin" : le reportage de Béatrice Dugué

1 min

Reportage au Mobile Film Festival

Par Beatrice Dugué
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