Le nouvel album du groupe Stupeflip, sorti vendredi dernier, a été financé entièrement par une campagne de crowdfunding.

Stupéflip en 2002 lors d'un concert
Stupéflip en 2002 lors d'un concert © AFP / Valery Hache

Depuis vendredi, les amateurs du groupe Stupeflip peuvent découvrir le nouvel album de ce groupe au genre musical inclassable, intitulé “Stup Virus”. Le groupe, qui se revendique comme indépendant depuis 2006, a obtenu le financement nécessaire pour le mixage et la finalisation de son album en lançant une campagne de financement participatif sur le site Ulule.

Plus de 400.000 euros collectés

Et cette campagne, lancée début octobre dernier avec un objectif de 40.000€, a permis de récolter… pas moins de 427.972€, soit 1.069% de l’objectif final. Un record d’europe pour une campagne de crowdfunding, qui a permis au groupe de produire deux clips vidéo en plus, ainsi qu’une figurine à l’effigie du personnage leader du groupe, King Ju.

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Avant Stupeflip, d’autres artistes ont largement dépassé les attentes sur des plateformes de crowdfunding : le record était jusqu’alors tenu par les Fatals Picards pour le financement de leur dernier album, qui ont collecté plus de 90.000€ pour un objectif initial de 30.000€. Et début 2017, le musicien et youtubeur PV Nova a plus que doublé son objectif pour un projet d’album réalisé en dix jours chrono.

Le précédent "MyMajorCompany"

Le succès de ces campagnes déplace légèrement le viseur de l’économie numérique de la musique, vers un modèle qui n’est pas exactement celui qui était attendu il y a une dizaine d’années. Souvenez-vous : en 2008, le chanteur Grégoire cartonne avec son album “Toi + Moi”, produit par le label My Major Company.

Cet album était “produit par les internautes”, c’est-à-dire que les visiteurs du site de My Major Company qui avaient un coup de coeur pour la musique de l’artiste avaient pu miser une certaine somme pour participer financièrement à la production de l’album… en échange d’une participation aux résultats. Un modèle qui a pu s’avérer juteux : pour le premier album de Grégoire, les internautes qui ont misé 10€ en ont gagné 220. Les chanteuses Joyce Jonathan puis Irma ont suivi, avec de gros succès également.

Mais ce modèle a connu des contestations en 2013 de la part de membre du label qui ne voyaient pas les fruits de leur investissement. Malgré plusieurs tentatives de diversification, l’entreprise a finalement annoncé début 2016 qu’elle abandonnait la plate-forme de crowdfunding qui l’avait fait connaître (tout en conservant une partie de ses activités).

Un modèle à contreparties fixes

Avec l’émergence des plateformes comme Ulule ou Kickstarter, c’est donc une autre forme de financement participatif qui a surgi : souvent, il ne s’agit plus de financer la totalité du projet, mais souvent sa finalisation (le mixage, la production du disque, etc.). Et surtout, pour les internautes qui participent, plus question d’intéressement en fonction des résultats. Une fois l’objectif atteint, l’artiste et son équipe s’engagent à offrir des contreparties aux participants, allant du disque produit aux places de concert en passant par les rencontres. Que le projet musical fonctionne ou non par la suite n’aura plus d’infulence sur le retour sur investissement des internautes.

Et ça marche : rien que sur le site Ulule, 2.844 projets ont déjà été menés à leur terme, avec des sommes de 427.000€ (pour Stupeflip) à quelques centaines d’euros pour produire un premier morceau ou organiser un concert.

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