Pour sa carte blanche, Max Richter a choisi de lire un extrait de "Mrs Dalloway".

Virginia Woolf
Virginia Woolf © Getty / George C. Beresford

C'est un rituel, avant de refermer son magazine "Boomerang", Augustin Trapenard donne carte blanche à son invité. Ce jeudi 26 janvier, Max Richter a choisi de lire un extrait de "Mrs Dalloway", l'un des plus célèbres romans de Virginia Woolf. Publié en 1925, "Mrs Dalloway" retrace la journée d'une femme de la haute société anglaise d'après la Première Guerre mondiale.

► (re)écoutez : "Les grands romans de Virginia Woolf" par Guillaume Gallienne

Un choix assez cohérent avec son actualité : il y a deux ans Richter composait la musique d’un ballet de Wayne Mc Gregor autour de l’œuvre de Virginia Woolf. Son nouvel album Three Worlds : Music from Woolf Works en est le prolongement. Richter dit que le travail de Virginia Woolf "est profond, visionnaire, audacieux, expérimental, mais parfois ludique, personnel, intime et toujours profondément humain. Son sujet est une sorte de recherche pure sur la nature du langage, de la personnalité, de la voix, et sur la question d’être soi-même. (…) C’est ce qui m’a attiré de manière obsessionnelle dans son écriture lorsque j’avais 20 ans.”

C'est sur "In the garden", une musique extraite de Three Worlds, que Max Richter a lu ce texte :

“Beauty, the world seemed to say. And as if to prove it - scientifically - wherever he looked at the houses, at the railings, at the antelopes stretching over the palings, beauty sprang instantly. To watch a leaf quivering in the rush of air was an exquisite joy. Up in the sky swallows swooping, swerving, flinging themselves in and out, round and round, yet always with perfect control as if elastics held them; and the flies rising and falling; and the sun spotting now this leaf, now that, in mockery, dazzling it with soft gold in pure good temper; and now again some chime - it might be a motor horn - tinkling divinely on the grass stalks—all of this, calm and reasonable as it was, made out of ordinary things as it was, was the truth now ; beauty, that was the truth now. Beauty was everywhere.”

Suivi de la traduction en français, lue par Augustin Trapenard :

"De la Beauté, semblait dire le monde. Et comme pour le prouver scientifiquement, de tous les objets qu'il regardait, maisons, balustrades, antilopes tendant le cou au-dessus des grilles, la beauté jaillissait à l'instant. Regarder une feuille qui tremblait dans le souffle de l'air était une joie exquise. Haut dans le ciel, les hirondelles plongeaient, s'écartaient, se jetaient à droite, à gauche, tournaient en rond, en rond, toujours avec un ordre parfait comme si elles elles étaient attachées avec des élastiques. Et les mouches montaient, descendaient. Et le soleil touchait tantôt une feuille, tantôt une autre , éclaboussant d'or clair, par bonne humeur, pour s'amuser. Et de temps en temps un carillon, peut-être une trompe d'automobile tintait divinement contre les brins d'herbe. Tout cela si calme et raisonnable, composé des choses ordinaires. C'était la vérité. La Beauté était à présent la vérité. La Beauté était partout."

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