L'astronaute français vient d'accomplir une performance de poésie spatiale au beau milieu de l'ISS. C'est la première création artistique née dans l'espace.

Dessin - le télescope intérieur
Dessin - le télescope intérieur © Eduardo Kac

Il a construit le "Téléscope Intérieur" de l'artiste brésilien Eduardo Kac. C'est une performance de poésie spatiale. Des œuvres ont déjà été exposées dans l'ISS, mais elles ont fait comme les astronautes, pour y arriver, elles ont pris la navette spatiale. Cette fois-ci, l'oeuvre ne peut naître et exister que dans l'ISS.

Que faut-il à Thomas pour réaliser cette oeuvre ?

Une feuille de papier et une paire de ciseaux. Tout est sur place.

Quelle oeuvre a-t-il fabriqué ?

Il faut découper la forme d'un M sur un papier A3, et un cylindre à placer au milieu du M . Cela formera un M avec un O qu'Eduardo Kac appelle le M.O.I, téléscope intérieur, si on laisse le MO se tourner en tous sens par la magie de l'apesanteur. L'oeuvre s'accomplit véritablement devant les caméras qui enregistreront les images de ce papier flottant dans la station spatiale. Car tout l'enjeu est là. C'est le mouvement en apesanteur qui fera que ce "découpage" formera des mots et des tracés en l'air.

Qu'est ce que la poésie spatiale ?

En l'occurence, c'est une simple séance de découpage. Quelques minutes de travail pour Thomas Pesquet, mais des années de réflexion et de réflexion artistique pour Eduardo Kac. Kac est l'auteur, et Pesquet son interprète. Voilà de quoi faire passer les aventures de l'ISS et de Thomas Pesquet de l'onglet Sciences à l'onglet Culture.

Bref à la fin, ça donne quoi ?

On verra le film lors de l'inauguration du festival Sidération le 23 mars à Paris.

Pour Thomas Pesquet, "c'est un petit pas pour l'homme et un grand pas pour l'art".

Une fois en apesanteur le MOI flottant dessine des trajectoires imprévues, à découvrir selon son point de vue. Thomas Pesquet devient le premier performeur et le premier spectateur. Il apu par exemple voir la forme stylisée d'un être humain avec le cordon ombilical coupé. Pour expliquer cela, Eduardo Kac a fait le croquis suivant.

Du bout du télescope intérieur, peuvent s'échapper toutes sortes de formes dans l'espace
Du bout du télescope intérieur, peuvent s'échapper toutes sortes de formes dans l'espace / Eduardo Kac

Qui est donc Eduardo Kac ?

Eduardo Kac manipule les moyens de communication, l'internet et la biologie à des fins artistiques depuis les années 80. Il a développé un "art transgénique" et fait polémique avec un lapin fluorescent vert ou dans son dispositif Genesis, où il incitait perfidement les participants à provoquer des mutations génétiques.

Il a une pratique poétique constante depuis des années, essayant de faire oeuvre avec des mots que ce soit par le biais de néons, d'écritures numériques, d'hologrammes, et désormais il joue avec l'apesanteur pour trouver une écriture spatiale.

Il a développé le concept de gravitropisme, c'est-à-dire l'influence de la gravité sur le langage et de l'anti-gravitropisme, comment le langage peut se libérer de la gravité.

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