Vincent Lindon lit, avec émotion, le discours que le grand écrivain a prononcé à Stockholm alors qu'il recevait le prix Nobel de littérature, en 1957. Décryptage d’un texte polémique dans lequel Albert Camus précise la place de l’intellectuel et de l’artiste dans la cité.

Albert Camus en 1954
Albert Camus en 1954 © Getty / Keystone-France

Quand Albert Camus recevait le Prix Nobel en 1957 : retour sur un discours engagé et polémique.

►►► Lire le discours de Stockholm d'Albert Camus

Quand l’académie des Nobel couronne en 1957 Albert Camus, elle distingue « une œuvre qui met en lumière avec un sérieux pénétrant les problèmes qui se posent de nos jours à la conscience des hommes ». Dédié à Louis Germain, l'instituteur de son enfance en Algérie, le discours  discours de remerciement de l’écrivain est prononcé à Stockholm le 10 décembre 1957. C’est celui d’un homme de 44 ans qui déjà publié L’Étranger et Le Mythe de Sisyphe en 1942, puis La Peste en 1945, L’Homme révolté en 1951 et en 1956, La Peste.

Né en Algérie en 1913, avant la Guerre des tranchées, l’écrivain a déjà traversé la guerre d’Espagne, la guerre 1939-1945, mais ce qui le touche au plus près, c’est la situation algérienne. En 1951, voyant le conflit venir, il prend déjà parti dans L’Express au travers de plusieurs articles dans lesquels il explique qu’il vit ce drame comme un « malheur personnel ». Intellectuellement il est pour l’indépendance de l’Algérie, mais affectivement, ses racines sont là-bas. Habitant à Paris depuis 1940, il se rendra même à Alger pour lancer un appel à la réconciliation. En 1957, au moment de son discours devant l'académie Nobel à Stockholm, la guerre d'Algérie a débuté depuis trois ans.

Ecoutez Vincent Lindon lire Le Discours d'Albert Camus

L'acteur français était invité dans Boomerang pour évoquer L'Apparition, le nouveau film de Xavier Giannoli dans lequel il joue. A la fin de l'émission, Augustin Trapenard propose régulièrement à ses invités une carte blanche : quelques minutes de liberté à l'antenne pour évoquer l'oeuvre ou artiste de leur choix. Vincent Lindon a choisi de lire le Discours de Stockholm d'Albert Camus. 

Ecoutez-le :

A Stockholm, Albert Camus explique la place de l’écriture pour l’écrivain 

"Je ne puis vivre personnellement sans mon art. Mais je n’ai jamais placé cet art au-dessus de tout. S’il m’est nécessaire au contraire, c’est qu’il ne se sépare de personne et me permet de vivre, tel que je suis, au niveau de tous. L’art n’est pas à mes yeux une réjouissance solitaire. Il est un moyen d’émouvoir le plus grand nombre d’hommes en leur offrant une image privilégiée des souffrances et des joies communes"

Il précise ensuite l’importance de l’engagement :

Le rôle de l’écrivain, du même coup, ne se sépare pas de devoirs difficiles. Par définition, il ne peut se mettre aujourd’hui au service de ceux qui font l’histoire : il est au service de ceux qui la subissent

Plus loin :

"Quelles que soient nos infirmités personnelles, la noblesse de notre métier s’enracinera toujours dans deux engagements difficiles à maintenir — le refus de mentir sur ce que l’on sait et la résistance à l’oppression."

Vincent Lindon explique pourquoi il a voulu lire ce texte

J'en veux à ceux qui ne se servent pas de leur notoriété pour ceux qui en ont besoin

►►► Ecouter Boomerang avec Vincent Lindon

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