Delphine Horvilleur, Gilbert & George, Imany, Dario Argento et Muriel Robin entre sacré, subversion, féminité et liberté ! Revivez les meilleurs moments d'actualité pop et culturels de "Boomerang" avec Augustin Trapenard cette semaine.

Donner, grâce à son art, la parole à ceux qui ne l'ont pas
Donner, grâce à son art, la parole à ceux qui ne l'ont pas © Getty / Helena Mim / EyeEm

Paul Guillotte a préparé un best-of de Boomerang à partir des entretiens d'Augustin Trapenard cette semaine : 

14 min

Le Best of de Boomerang du 28 juin

Par Paul Guillotte

Delphine Horvilleur : "quand les femmes prennent part à la discussion, le féminin est libéré chez tout le monde" 

Elle est l'une des grandes voix du judaïsme en France. La rabbin Delphine Horvilleur s'est exprimée au micro d'Augustin Trapenard.

"J'ai eu l'impression de vivre avec beaucoup de fantômes lorsque j'étais enfant. C'est sans aucun doute lié à l'histoire de ma famille, des absents de mon histoire très douloureuse de survie, de déportation. Très jeune, j'ai dû vivre avec le silence de l'histoire qui m'obligeait à amorcer un dialogue silencieux avec eux. Je me dis souvent que cela a beaucoup avoir avec la rabbin que je suis devenue aujourd’hui. Dans l’interprétation des textes, il y a toujours un dialogue avec le silence, toujours un moyen d’entrer en conversation avec un monde qui ne parle pas mais qui attend votre lecture pour amorcer une conversation". 

L'idée du monde pluriel m'est apparue très tôt dans l'existence, face à l’absurdité des gens qui nous demandent de choisir entre des univers : moi, ma vie religieuse se nourrit de plein de mondes à la fois. 

Gilbert & George : "Notre art s'est fondé sur notre croyance en l'humanité"

Vêtus de leur très symbolique costume-cravate, les deux artistes subjuguent toujours autant les regards dans leur conception de la sculpture à travers leurs immenses tableaux. La Fondation Louis Vuitton leur consacre une exposition à partir du 3 juillet : "There Were Two Young Men" Ils étaient les invités de Boomerang.

"Nous ne sommes que des sculpteurs humains, on se lève tous les jours, parfois on va marcher, nous lisons rarement, nous mangeons souvent, nous pensons toujours, nous fumons modérément, nous aimons le bon temps, nous nous aimons la nuit, nous nous amusons, nous encourageons la vie, nous combattons l'ennui, nous rêvassons, nous voyageons, nous dessinons à l'occasion, nous bavardons, nous prenons le thé, nous sommes parfois fatigués, nous avons parfois envie de danser, nous philosophons beaucoup, nous mourrons très doucement, nous rions nerveusement, nous saluons poliment, et nous attendons que le jour se lève". 

Quand on fait nos œuvres, on tient dans la main et par la main le spectateur, on n'estime pas qu'on en sait plus que lui, on découvre tout cela ensemble

Imany : "j'ai intégré que ma voix n'était pas normale, j'avais une voix de garçon"

Elle s'est révélée il y a 8 ans en sortant son premier album The shape of a broken heart. Depuis la célèbre chanteuse connait un grand succès. On a le plaisir de la retrouver dans le documentaire "Haut les filles" qui sort le 3 juillet. Imany est venue se confier au micro d'Augustin Trapenard. 

Quand vous êtes artiste, vous êtes la voix de ceux qui n'en n'ont pas, il faut pouvoir ouvrir sa bouche et dire des choses qui comptent. 

"Quand je pense aux artistes qui m'ont bouleversée, ce sont souvent ceux qui ont essayé de changer le monde avec leurs musiques comme Bob Dylan qui me viennent à l'esprit. Il a bouleversé une génération de noirs américains alors que lui était blanc, c'est dire combien la force peut aller loin et tout dépasser. 

"Quand j'ai pris conscience de ma voix, j'étais très jeune, j'étais à la maternelle, on me l'a fait remarquer. À force, j'ai intégré que ma voix n'était pas normale, que j'avais une voix de garçon. Ça ma pris beaucoup de temps pour l’accepter, je lutte même encore parfois".

Dario Argento : "on ne peut pas être heureux quand on fait un film"

Le cinéaste italien culte pour ses films à frisson sera mis à l’honneur lors du prochain festival international de cinéma de La Rochelle. Il était avec nous sur le plateau de Boomerang : 

"J'ai peur de tout, de toutes les choses du quotidien, de la vie. J'ai des peurs plus profondes. C'est ma partie sombre qui me donne des visions folles et inspire mes films". 

"Je déteste quand je vois un réalisateur qui dit : "on a fait ce film, on s'est beaucoup amusés". Ce n'est pas possible, on ne peut pas être heureux quand on fait un film. Tu es pris par ce démon qui te porte dans le film. Il n'y a pas de bonheur dans ces choses, seulement le désir de raconter le mieux possible". 

Je raconte les histoires de mon inconscient, de mes rêves. Je raconte ces histoires un peu folles qui n'arrivent pas. 

Muriel Robin : "ma voix est collée à mes sketchs, c'est aussi une musique"

La comédienne et humoriste française remonte sur scène pour rejouer ses meilleurs sketchs, dans son nouveau spectacle, "Et pof !". Muriel Robin répondait aux questions d'Augustin Trapenard.

"Ma rigueur est une façon de me punir un peu. Lorsque je suis sur scène, je sais où je respire, rien n'est laissé au hasard". 

Ma voix est collée à mes sketchs, c'est aussi une musique 

"Ce que je ne voudrais jamais oublier, ce sont mes émotions, mes sensations, le fait de ressentir l'amour, le sentiment d'être aimée". 

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