Les expositions et propositions de découvertes des créations de femmes au traves des siècles sont de plus en plus nombreuses. On a fait une sélection pas du tout exhaustive de quatre propositions à expérimenter en ce moment. Les femmes sont partout, dans tous les styles et toutes les avant-gardes.

"Mutter", oeuvre de Hannah Höch -1920
"Mutter", oeuvre de Hannah Höch -1920 © Capture, Mooc "Elles font l'art"

En 2019, moins d’un tiers des artistes exposés en France étaient des femmes. Le retard est tel en matière de visibilité du travail des artistes et des créatrices, que l’on ne risque pas d’excès en se consacrant exclusivement à des productions féminines. Productions féminines ne veut pas dire qu’il y a en un art masculin différent d’un art féminin. Parcourir des expositions, des livres, des mooc, pour découvrir le travail des femmes permet de se rendre compte qu’il y a autant d’art que d’artistes, quelque soit leur genre.

Le mooc du Centre Pompidou : "Elles font l'art"

Si le XXe siècle vous intéresse plus que la Renaissance ou le XIXe siècle, foncez sur le cours en ligne gratuit du Centre Pompidou en partenariat avec l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Plasticiennes, peintres, photographes, vidéastes ou performeuses de toutes nationalités, elles ont fait ou font encore l’art des XXe et XXIe siècles. On y apprend pour commencer le piètre état de la représentation des créations des femmes. 

Dans les musées américains leurs travaux représentent 11% des acquisitions, et 14% des expositions. Elles ne représentent que 4% des ventes. En France, il a fallu attendre 2018 pour que les achats d’œuvres de femmes soient aussi importants que ceux d’œuvres d’hommes. Après 10 ans d’efforts, nous dit-on dans ce mooc, le Centre Pompidou a fait passer la part des œuvres d’artistes femmes dans ses collections de 18 à 21%. Dix ans, pour 3 points de progression, ce qui pourrait faire qu'à ce rythme la parité soit atteinte dans un demi-siècle. Le Centre, comme l’ensemble des institutions publiques, a donc encore beaucoup de progrès à faire pour se libérer du poids de l’histoire.  

Ce MOOC se compose de 5 séquences ouvertes jusqu’au 25 juin 2021. 

L’exposition virtuelle "Peintres femmes, 1780-1830, naissance d’un combat" 

L’exposition Peintres femmes, 1780-1830, que le public ne peut pas voir en ce moment au Musée du Luxembourg, se dévoile dans une visite virtuelle. Ce parcours montre comment les femmes se sont battues pour être formées aussi sérieusement que les hommes, pour qu’on ne les renvoie pas en permanence à la soi-disant “faiblesse de leur genre”. Moins nombreuses que les hommes, elles ont tout de même produit des chefs d’œuvres, comme le démontre bien la sélection faite par la commissaire Martine Lacas. Si Elisabeth Vigée Le Brun liée à l’Ancien Régime nous est familière dans les expositions, ce n'est pas le cas des artistes de la même époque et des décennies suivantes.  Le grand talent d’Elisabeth Lorimier, contemporaine de Ingres et tout aussi virtuose que lui, la maitrise d'Adélaïde Labille-Guiard, et les paysages de Louise Joséphine Sarazin de Belmont, nous sont inconnus. Les commentaires audio de la visite virtuelle s’arrête sur 25 de ces œuvres, et 11 d’entre elles bénéficient d’un visionnage en très haute définition. Il faut réserver sa visite (tarif : 5 euros).   

Le mooc "Peintres femmes à travers les âges" 

Dans le prolongement de l'exposition du musée du Luxembourg, le mooc gratuit lancé par la RMN Grand Palais/fondation Orange retrace l'histoire des créatrices depuis la Renaissance et va un peu au-delà du XIXe siècle.

Dans Peintres Femmes, à travers les âges, on découvre par exemple le parcours d’une artiste comme Lavinia Fontana,  au XVIe siècle à Bologne, ville connue pour son université, son élite érudite et humaniste, et son ouverture aux femmes. Fontana s’est imposée par son talent, malgré les conventions de l'époque qui l'auraient cantonnée à quelques amabilités artistiques. Dans son cas, son mari est devenu son assistant.  

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Pour Sonia Brunel et Françoise Besson, les deux historiennes de l'art de la Réunion des Musées Nationaux qui ont conçu ce parcours, pas question de généraliser sur le thème “de tous temps le talent des femmes a été minoré”. La réalité est plus complexe, varie selon les époques et les pays. Certaines ont eu des carrières brillantes, l’histoire les a oubliées, d’autres ont arrêté leur carrière quand elles se sont mariées. 

Le mooc évoque des artistes jusqu’au début du XXe siècle.  Par exemple Vieira da Silva, artiste d’origine portugaise, arrivée à Paris en 1928. Ses sources d’inspiration vont des azulejos (carreaux traditionnels portugais) à la peinture de Pierre Bonnard. Son œuvre oscille entre réalité et abstraction. 

L'exposition virtuelle, "Valadon et ses contemporaines" 

Le monastère royal de Brou organise une exposition consacrée à Suzanne Valadon et ses contemporaines. Là aussi faute de visite publique, il faut passer par l'immersion virtuelle au milieu des tableaux. Valadon est la célèbre peintre de Montmartre, connue pour ses tableaux aux couleurs vives, et ses personnages dont les formes sont surlignées de noir. Elle est morte en 1938. Le début du XXe siècle est marqué par les avant-gardes, c'est une période particulièrement riche artistiquement, qui a vu éclore l’impressionnisme, le cubisme ou l’abstraction. En prenant appui sur la notoriété déjà acquise de Suzanne Valadon, l’exposition met en lumière les artistes de son époque et questionne les réseaux artistiques auxquels elles appartiennent, les sujets dont elles s’emparent et leur contribution aux mouvements d’avant-garde dans une société où les femmes n’ont toujours pas le droit de vote, ni celui de posséder un compte en banque par exemple. 

Visite virtuelle de l'exposition "Valadon et ses contemporaines" au monastère royal de Brou
Visite virtuelle de l'exposition "Valadon et ses contemporaines" au monastère royal de Brou / Capture

L’exposition réunit près de 50 artistes : célèbres comme Camille Claudel, Marie Laurencin, Sonia Delaunay, Séraphine de Senlis ou Tamara de Lempicka, et d’autres moins connues ou parfois oubliées par la postérité. Par exemple, Louise Abbéma, peintre, sculptrice et graveuse, connue pour ses portraits de Sarah Bernhardt. Avec le portrait de Blanche Moria par Blanche Polonceau, on découvre deux artistes. Blanche Moria sculptrice de la fin du XIXe siècle, et Blanche Polonceau, portraitiste, morte en 1914.

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