Dans la nuit de samedi à dimanche, Paris va s'animer au rythme des propositions artistiques, théâtrales, chorégraphiques et même sportives cette année. Si la mairie de Paris met l'accent sur le vélodrome installé sur le périphérique notamment, de très nombreuses installations vont prendre place partout dans Paris.

Une partie de "travball" imaginée par l'artiste Merhyl Levisse
Une partie de "travball" imaginée par l'artiste Merhyl Levisse © AFP / GEOFFROY VAN DER HASSELT

Un vélodrome sur le périphérique, une course à pied à travers les grands monuments parisiens, dont la Conciergerie et le Louvre : cette année, pour la dernière Nuit Blanche du mandat d'Anne Hidalgo, et la 18e depuis la création de l'événement, une dimension sportive vient s'ajouter aux nombreuses propositions d'art contemporain qui sont la signature de cet événement. 

Au-delà de ces événements sportifs sur lesquels la Ville de Paris a mis l'accent, que voir samedi soir ? Entre spectacles grand format et propositions plus confidentielles, nous avons sélectionné dans le programme de l'événement quelques moments qui, au moins sur le papier, méritent le détour. 

Les propositions artistiques dans les "stations"

Partout dans Paris, les propositions ne vont pas manquer. Elles sont réunies cette année dans des "stations", réparties en cinq zones de la ville : centre, est, ouest, nord et sud. Contrairement à certaines années où les propositions étaient extrêmement centralisées sur certains lieux, l'événement Nuit Blanche se déploie partout dans Paris... et dans une quinzaine de villes alentour.

Dans le 14e arrondissement par exemple, vous pourrez découvrir une installation de Geoffrey Monfort, qui n'est pas artiste à proprement parler mais... spécialiste des Playmobil ! Dans "Paris Playmobil 2049", il propose une vision du Grand Paris à base... de jouets. Dans ce même endroit (école publique de la Sibelle), vous trouverez aussi une installation vidéo unique, car elle se génère automatiquement et aléatoirement. Son nom : "Dancing Queen", du collectifGraphset.

Si vous êtes plutôt amateur du nord de Paris, la Rotonde Stalingrad accueille l'agence  Bon Esprit : une soirée "off" est organisée avec des concerts électro et des installations artistiques à découvrir. Idéal avant minuit, l'entrée du lieu sera payante ensuite. Un peu plus loin et dans une ambiance plus tranquille, square des Sains-Simoniens vers Ménilmontant, la Villa Belleville proposera une programmation d’œuvres d'art vidéo diffusées sur plusieurs écrans

L'une des initiatives les plus étonnantes, c'est la tenue d'un tournoi de "travball", sport imaginé par l'artiste Merhyl Levisse, où l'arbitre, les supporters et les pom-pom girls sont des drag-queens. Les parties se jouent avec un traversin en guise de ballon, et pour marquer des points... il faudra faire preuve d'inventivité, la distribution des points étant à l'appréciation de l'arbitre. 

Si vous voulez restez central, vous pourrez participer au "Bal blanc" d'Alain Fleischer sur la place de l'Hôtel de Ville : tout au long de la nuit, des images de films seront projetées sur les vêtements (blancs) des participants à ce bal. Les moins prévoyants pourront se faire prêter une cape, pour l'occasion. Une performance déjà activée, par exemple en 2004 à Lille, sous la direction artistique de Didier Fusillier, qui s'est vu confier les clés de la Nuit Blanche parisienne cette année. 

Enfin, Nuit Blanche prend aussi possession de villes en dehors de Paris : à Sèvres, par exemple, c'est l'artiste JR qui a carte blanche dans le cadre de son projet Inside Out, où il a proposé aux habitants de les photographier dans une cabine dédiée. Les affiches produites à cette occasion seront collées samedi, pour réaliser une grande fresque

La parade

Ce sera, par ailleurs, l'une des animations principales de cette Nuit Blanche : de 19h à 22h, des chars vont remonter la rue de Rivoli, de la place de la Concorde jusqu'à celle de la Bastille. Leur particularité : ils sont tous conçus par des artistes. On vous recommandera de garder un œil sur ceux de Shana Moulton, dont l'univers fluo et onirique a donné naissance à un char aquatique, ou encore de Sylvie Fleury, qui a pour véhicule un immense personnage gonflable à son effigie. 

A côté de jeunes talents comme Vivien Roubaud qui projettera de la barbe à papa dans le ciel de Paris, on trouve des stars de l'art contemporain dans ce défilé. Daniel Buren et ses rayures fera rouler de grands miroirs reflétant la façade des immeubles haussmanniens, qui s'effondreront, par effet d'optique, sur le public. Quant à Annette Messager, pourtant l'une des artistes les plus renommés en France, elle participe à sa première Nuit Blanche, avec une parade qui s'annonce animale

Les expositions existantes

La Nuit Blanche peut enfin être l'occasion de visiter des lieux ouverts le reste du temps, mais qui sont exceptionnellement accessibles gratuitement jusqu'au cœur de la nuit. Ainsi, à la Défense, le parcours d'art Les Extatiques accueillera encore des visiteurs de nuit, offrant une vue nocturne de ses œuvres extérieures étonnantes, comme ces tentacules qui sortent d'un immeuble de bureaux. C'est la dernière occasion de les voir : l'exposition débutée cet été prend fin ce dimanche 6 octobre. 

D'un côté et de l'autre de Paris, Future(s) of Love, exposition sur l'avenir de l'amour à l'ère numérique, sera aussi ouverte aux Magasins Généraux de Pantin, et le Mac/Val de Vitry-sur-Seine lance ses trois nouvelles expositions ce samedi. Enfin, le Musée d'art et d'histoire du judaïsme, en plein cœur de Paris, propose une expérience avec les œuvres du Sud-Africain William Kentridge, dont les films d'animation très soigneusement bricolés ont quelque chose de captivant. 

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