La 90e cérémonie des Oscars, soirée la plus importante de l'année pour le cinéma américain, se déroule cette nuit, quelques mois après le scandale Weinstein, début des mouvements MeToo et Time's Up. Des mouvement qui devraient logiquement se faire entendre, malgré le souhait des organisateurs de la soirée.

Les organisateurs semblent vouloir plus de glamour et moins de politique et pourraient limiter les allusions au mouvement MeToo. Charge aux actrices et aux prix distribués de rééquilibrer.
Les organisateurs semblent vouloir plus de glamour et moins de politique et pourraient limiter les allusions au mouvement MeToo. Charge aux actrices et aux prix distribués de rééquilibrer. © AFP / Mark RALSTON

La 90e cérémonie des Oscars débute ce dimanche aux États-Unis dans un contexte très particulier. Alors que le cinéma américain est célébré cette nuit, Hollywood continue de subir les effets du scandale Harvey Weinstein et les victimes de harcèlement sexuel, principalement des femmes, espèrent pouvoir se faire entendre encore. 

Ce n'est pas forcément du goût des organisateurs. Pour promouvoir ces Oscars, les producteurs ont préparé un clip sans référence au mouvement MeToo. En revanche, la vidéo enchaîne les extraits de films à gros budget comme Wonder Woman, qui n'a pas reçu la moindre nomination. 

Moins de politique, plus de paillettes

À en juger par les audiences décevantes de ces dernières années, le public réclame plus de glamour et moins de politique. Le monologue de Jimmy Kimmel, le maître de cérémonie, ne devrait donc qu'effleurer le sujet qui agite Hollywood depuis 5 mois, selon ses propres affirmations : "Ce show n'est pas fait pour revivre une agression sexuelle. C'est une cérémonie pour des gens qui ont rêvé toute leur vie de gagner un Oscar et je n'ai surtout pas envie de gâcher ce moment." 

Difficile d'imaginer que les stars, elles, ne parleront pas de MeToo et Time's Up sur le tapis rouge ou sur scène.

Mais surtout, c'est le palmarès qui sera le vrai baromètre de la soirée. La forme de l'eau, du Mexicain Guillermo Del Toro a réçu 13 nominations et la vraie question, c'est l'influence que les mouvements ont pu avoir sur les 5 000 votants de l'Académie. "C'est vrai qu'un mouvement comme 'Oscarsowhite' les Oscars trop blancs, explique Peter Debruge, journaliste à Variety, a poussé l'industrie à mieux considérer les acteurs issus d'une minorité et l'idée de films avec plus de diversité."

Ladybird ou 3 billboards, centrés sur des personnages féminins, profiteront donc peut-être du climat actuel à Hollywood.

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