Du webdocumentaire au cinéma interactif en passant par la réalité virtuelle, le festival I Love Transmedia permet au public de faire toutes sortes d'expériences.

I Love Transmedia
I Love Transmedia © ILT

Jérémy Pouilloux a créé ce festival pour inciter les étudiants à révéler leurs talents en matière d’écriture transmedia. Il fallait aussi les rapprocher des diffuseurs audiovisuels classiques. Ce qui fut fait. Les professionnels ont l'habitude d'y échanger et I Love Transmedia s’ouvre au grand public, notamment en permettant à tous de voir gratuitement des productions qui se sont faites remarquer un peu partout en Europe. (La Gaîté Lyrique, Paris IIIe arrdt - 29 septembre - 2 octobre).

Au fait, le transmedia c'est ... ?

À l'origine, on appelait transmedia storytelling, les processus dans lesquels les éléments d’une fiction sont dispersés sur diverses plateformes médiatiques et formats. C'est l'expérience qu'en fait l'utilisateur qui unifie le tout. Dans un festival comme I Love Transmedia, on présente ce genre de projet, mais aussi d'autres projets, plus simplement interactifs.

Aujourd’hui, la cinquième édition d'I Love Transmedia arrive dans un paysage en pleine mutation. Les web-documentaires ont peu séduit le public. Deux explications possibles : il est vrai que la télévision n’était pas connectée et massivement installée chez les particuliers au moment où ils ont éclos. De plus, les diffuseurs n’ont pas fait beaucoup d'efforts de communication pour ces créations hybrides, qui mêlent les codes du web, les possibilités de l’interactivité, l’image documentaire ou dessinée.

La réalité virtuelle impose une nouvelle donne

Toutes les manières d’écrire, de jouer et de créer en mélangeant texte, image, son, participation des spectateurs ou internautes n’ont pas été explorées, mais voilà que débarque en force la réalité virtuelle et ses divers casques.

C'est donc en pariant sur ce défi qu' I Love Transmedia organise une table ronde sur le thème L'interactif est mort, vive l'interactif ! , invitant les professionnels à réfléchir sur la nouvelle donne.

Oriane Hurard, déléguée générale du festival :

Un tiers des demandes d’aide reçues par la CNC concernent des projets en réalité virtuelle. ARTE, principal diffuseur propose en cet automne trois gros projets en réalité virtuelle alors que France Télévisions se recentre sur l’écriture linéaire. La conférence vise donc à réaffirmer que l’interactivité n’a pas dit son dernier mot, qu’elle est plus riche que ce que la VR propose pour l'instant.

Morceaux choisis dans le programme

Attention, pour pouvoir profiter de toutes les expériences que proposent le festival il faut parfois s'inscrire (par ici).

  • Sens VR, premier jeu vidéo en réalité virtuelle inspiré d'une BD

C'est une histoire extrêmement simple : un homme suit une flèche. Pas un mot. Deux-cent cinquante pages durant lesquelles on suit cet anonyme en chapeau et imper, sans passé, sans histoire, dans un univers gris et blanc. À l'origine la BD est signée Marc-Antoine Mathieu chez Delcourt. C'est devenu un jeu en réalité virtuelle, qui a remporté de nombreux prix cette année avant-même d'être en vente sur apple store et play store (à partir du 29 septembre, 2,99 euros).

Trente minutes durant lesquelles tantôt vous serez cet homme, tantôt vous le regarderez faire. Ici pas d'ennemi à dégommer, ni de trésors à trouver.

Il faudra franchir des murs, se glisser dans des trous de souris, chercher de nouvelles perspectives.

Sous le casque VR, ce sont vos yeux qui commandent et cherchent les points d'entrée vers de nouvelles aventures. Car il y a des aventures et des surprises, dans cette déambulation mystérieuse.

Pour Charles Ayats le game designer qui l'a conçu (avec les producteurs de Red Corner), " le fait de suivre cet anonyme, dans des paysages tout le temps ambigus, plage ou désert, mer de glace ou autre chose, le fait de ne pas savoir ce que l'on poursuit exactement, nous donne des sensations encore plus fortes, car plus intimes, plus personnelles, que dans un jeu vidéo traditionnel."

La réalité virtuelle permet de jouer avec les échelles, et de mettre le joueur en situation de voir les pages d'un livre s'abattre sur lui par exemple.

  • Le cinéma interactif

Le cinéma interactif est déjà vieux. On peut dire qu'il a commencé avec les premiers sites web, dès 1990. Les webdocumentaires remontent à 2005. C'est le jeu vidéo qui a inspiré les premiers expériences. En salle, on ne voit les premières tentatives que plus récemment, sauf à remonter à 1967 avec le film tchèque Kinoautomat. Le public était invité à choisir, à neuf reprises, la suite de l’histoire. Désormais, on choisit avec son smartphone, et le film se poursuit selon les choix du plus grand nombre. Quatre films sont programmés à la Gaîté Lyrique : Blind Date, Tantale, Pilule Alpha _etLate Shift._

  • VRtigo (inscription sur place)

Vertigo, est un espace destiné à proposer des expériences en réalité virtuelle, à faire de manière solitaire ou à plusieurs, ce qui est rare.

  • Nuit Blanche

À l’occasion de la Nuit Blanche, samedi 1er octobre, vivez French Waves, la première expérience transmedia internationale de la musique électronique, qui sera lancée début 2017. Elle est présentée en exclusivité à l’occasion de la Nuit Blanche à la Gaîté Lyrique. Le réalisateur Julian Starke et l’équipe de la série web et télé French Waves vous donnent rendez-vous pour un voyage extraordinaire dans l’histoire de la musique électronique.

  • Slow futur

Le spectacle Slow Futur, ce sont quelques agrès de cirque, de la musique, un tapis roulant et deux êtres qui marchent. Lumière et son plongent les spectateurs dans une expérience étonnante.

  • Les Hauts-Parleurs

C'est un concept signé Fablabchannel, coproduit par TV5 Monde. Une soixantaine de jeunes journalistes francophones : un média web au ton informel en apparence, pour raconter la vie des gens au quatre coins de la planète.

  • Dada is back

Dada Data*a été une des expériences _transmedia_ marquante de l'année 2016.
*

Pour I Love Transmedia, les équipes des producteurs, David Dufresne et Anita Hugi, lance un hackathon tiré de l’expérience interactive, en partenariat avec l'INA.

Il s'agira de fabriquer un Manifeste Dada Digital autour du mouvement DADA, des archives et de la data-digitalisation du monde. Un travail collectif à boucler en deux heures chrono pour obtenir un remix vidéo avec des images d'archives. (Y aller avec son ordinateur personnel)

I Love Transmedia : Programme et inscriptions ici

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