On avait beaucoup aimé Reigns, jeu de gestion de royaume entièrement basé sur des choix binaires, calqué sur une application de rencontres bien connue. Sa suite est à la hauteur de l'héritage, et s'autorise même un sous-texte engagé bienvenu.

La galerie de personnages de Reigns est totalement loufoque
La galerie de personnages de Reigns est totalement loufoque © Devolver Digital

Sorti en 2016, Reigns était une excellente surprise, et un jeu étonnamment profond malgré sa simplicité enfantine : dans la peau d'un monarque médiéval tout juste monté sur le trône, vous voyiez défiler une série de cartes vous demandant de faire des choix. Selon votre réponse, il suffisait de faire glisser la carte à gauche ou à droite, et ainsi de suite.

Chaque choix ayant une influence sur les quatre piliers de l'équilibre de votre royaume (clergé, population, armée et finances), il était donc essentiel de bien peser chaque décision. Trop privilégier l'un d'eux mène à la mort. Trop négliger l'un d'eux mène à la mort. Et globalement, tout mène forcément à la mort. Pas de panique, dans Reigns, la mort signifie simplement prendre le contrôle du descendant de son personnage, et ainsi de suite.

Femme des années 1080

Reigns: Her Majesty reprend à l'identique ce concept redoutable de simplicité. Les habitués ne seront pas dépaysés, et les nouveaux venus le prendront en main en quelques secondes. Mais cette suite apporte aussi une innovation qui change totalement le message du jeu : cette fois, ce n'est pas un roi mais une reine que vous incarnez. Comme si Elisabeth II jouait l'avenir de l'Angleterre sur Tinder...

Et autant dire que la tâche n'en sera pas plus aisée : votre époux, le roi, ne pense qu'à chasser et à se distraire en compagnie des servantes ; les dirigeants religieux vous méprisent et vous accusent régulièrement de sorcellerie ; vos confidentes sont autant de traîtresses potentielles ; votre chambellan essaie de vous inculquer le savoir-vivre ; et tout ce petit monde vous impose constamment de faire vos preuves.

Le féminisme par le rire

Le jeu ne cesse de vous mettre au défi, non seulement de gérer votre royaume correctement comme dans le premier Reigns, mais aussi de réussir à le faire sans trahir vos convictions, dans un contexte où votre statut de femme vous est sans cesse reproché.

Au fil des (centaines de) cartes retournées et de l'aventure, aussi drôle que surprenante, on soupçonne même Reigns: Her Majesty d'être une sorte de simulateur d'oppression patriarcale. Les joueuses y apprendront à canaliser leurs tentation d'exécution systématique face à ces personnages masculins horripilants, les joueurs y comprendront peut-être mieux ce qu'ils font parfois subir aux femmes qui les entourent. #BalanceTonChambellan

REIGNS: HER MAJESTY - Disponible sur PC, iOS, et Android

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.